HISTORIQUE
Aide à une Activité Durable au Sénégal (AAD)L'HISTOIRE
Avec pour défi, la création d'une association :
Depuis quelques années j’ai eu le plaisir de voyager principalement en dehors des routes touristiques, ce qui m’a donné l’occasion de prendre de
nombreuses photographies. Témoins de mon passage, elles ont contribué aux rencontres et favorisé les dialogues. Que ce soit au Mexique à Cuba ou en Afrique, j’ai recueilli une multitude d’informations qui m’ont permis même à mon âge de me faire grandir...
J’ai apprécié le Mexicain et en particulier l’ Indien du Chiapas, sensible et attachant, toujours fidèle à son idéal de liberté. J’ai plaint d’une certaine manière le Cubain, prisonnier du système politique actuel et résigné par crainte de répression. J’ai aimé le Marocain même si l’hospitalité fut parfois un peu trop intéressée. Mais comment peut-il en être autrement quand, pour une très grande majorité de ces personnes, le pain quotidien est difficile à gagner.
Tous ces témoignages m’ont conforté dans la vision que je me suis faite du monde et dans lequel nous vivons, à savoir que sur cette terre, les êtres humains démunis ou déshérités sont égaux devant la souffrance sans pour autant la montrer.
Il est regrettable que ces inégalités ne fassent pas davantage réagir les nantis et les parvenus.
Et c’est lors de mon dernier voyage en Afrique Noire que le côté tragique de certaines vies m’a fortement saisi.
La Gambie, la Casamance, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal furent autant de témoignages et de découvertes bien plus pitoyables à mes yeux.
Une vision de leur quotidien totalement inconnue jusqu’à ce jour si ce n’est à travers des écrits ou des reportages. Mes a priori furent vite balayés de mon esprit pour faire place à la réalité que je côtoyais.
Loin des sentiers touristiques et trompeurs, j’ai découvert un continent aux contrastes saisissants. Mon imaginaire ne pouvait suKre tant la réalité était surprenante. En eLet, par exemple, je traverse une brousse aride dans laquelle les villages sont dépourvus de tout. C’est la misère. A deux pas de là : l’ostentatoire avec ses plages à touristes. De ce coté des Cases luxueuses gardées par des « Noirs » 24h sur 24h par crainte des autres « Noirs » et de l’autre des abris de tôles et de feuilles de palmiers. Rien d’autre ...si ce n’est la « merde » qui envahit les abords. Ces cases abritent des familles nombreuses... polygames...
Autre exemple : la construction d’un château d’eau destiné à un lotissement luxueux d’un investisseur étranger alors que de l’autre côté de la route se trouve un petit village où vivent 160 personnes environ, privées d’eau et d’électricité. La pompe mécanique de l’unique puits ne fonctionne même plus depuis 6 mois et les femmes tirent l’eau par 12m de fond...avec une corde sans poulie...
C ’est la raison pour laquelle je vous invite à entreprendre avec moi une démarche que je vais vous présenter
Avant de vous en formuler le contenu voici ce qui m’a conduit au projet en cours de réalisation.
Au gré de mes déplacements, prés de M’Bour au Sénégal, je croise un jeune africain. Il attire mon attention car contrairement à la majorité des Noirs présents sur le site touristique de Saly, il ne cherche pas à me vendre des objets sans grandes valeurs. C’est moi qui lui demande où je pourrais me procurer le chargeur du portable que j’ai perdu...
Nous sympathisons et quelques jours après j’eJectue avec lui mes déplacements à travers la brousse. Nous partageons les repas et de longues conversations. Non seulement sa présence facilite mes périples dans une région totalement inconnue mais elle assure ma sécurité, multiplie les rencontres avec les villageois moins mé,ants et me sert d’interprète car le sénégalais parle, en brousse, le Wolof, le Peul, ou Sérère et très peu le français.
De village en village je découvre le même dénuement. Par manque d’eau la terre ne produit plus rien. Les hommes désœuvrés parlent sous le baobab géant. Tandis que les enfants insouciants s’amusent, rient et crient comme tous les enfants du monde ou presque, car ils sont pieds nus, sales et pouilleux...
On imagine sans peine que le quotidien de ces Africains est peu enchanteur même si le climat est bon, en général...
Mon premier voyage s’achève avec le désir d’y revenir mais avec d’autres intentions que celles que recherche normalement le touriste lambda. Les images gravées dans ma mémoire ont laissé des traces...
C’est ainsi que trois mois plus tard je repars avec quelques idées qui, au fur et à mesure que passent les jours, prennent forme.
Fin mars, je retrouve N’Diaye, mon guide, sur le trottoir de l’aéroport de Dakar et nous repartons vers la Gambie, la Casamance et le Mali avec pour objectif, d’ effectuer un reportage sur l’eau et la condition féminine.
Car c’est à la femme seulement que revient le travail du portage de l’eau du puits à la case. Par 12 mètres de fond et plus parfois, elle remonte le seau d’eau avec ou sans l’aide de la poulie. Sur sa tête, elle porte pas moins de 20 litres d’eau et sur son dos son dernier enfant tandis que le tout petit frère ou la petite sœur s’accroche, morveux et pieds nus, au pan de son pagne multicolore.
Rares sont les puits équipés d’une pompe mécanique et quand c’est le cas, la vétusté de l’installation, sans entretien, a vite fait de rendre le matériel inutilisable. Je passe ainsi une journée à remettre une pompe à mains en état de marche. Tout fait défaut, outils et pièces de rechange. A l’aide de mon couteau suisse je rafistole les tuyaux. J’attache avec un ,fil de fer rouillé que je récupère dans la décharge voisine les morceaux de tuyaux que j’entoure avec une vieille chambre à air, craquelée par le soleil brûlant.
Avec les hommes du village nous démontons re-démontons et après plusieurs essais infructueux nous réussissons en,n à faire jaillir l’eau boueuse mais tellement précieuse. Nous nous tapons les mains en signe de réussite, tous heureux et ,fiers de notre exploit... et pourtant nous savons les uns comme les autres que cette réparation est précaire et provisoire...
J’ai vécu ainsi des moments forts et remplis d’émotions, partagé des repas de riz blanc, de poissons et d’oignons. Que dire de plus si ce n’est que ces femmes ou ces hommes ne sont pas différents de nous. Leur regard est pétillant et s’ils manquent de tout et que parfois la mélancolie envahit leur visage, jamais une seule fois je ne leur ai entendu prononcer « ça ne va pas » lorsque je leur demandais « nanga def ? » qui veut dire « comment vas-tu ? » en wolof. Leur patience devant l’adversité m’encourage à aller de l’avant et conscient des problèmes qu’ils affrontent, je décide d’agir même si l’action que je vais entreprendre ne représente qu’ une goutte d’eau dans l’océan de la misère.
Je crée donc l'association: A.A.D
(Aide à une Activité Durable)
Elle a pour vocation de donner un coup de pouce aux Sénégalais et dans trois directions.
La première est dirigée vers les enfants.
La deuxième concerne la santé.
La troisième est dirigée vers l’eau...si précieuse. L'HISTOIRE
17 et 18ème Voyage –
10 mai 2014 - 15 juillet 2014
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Sitôt de retour du Sénégal, je vous communique la suite de mon carnet de route.
Entre le 9 mars, date de mon retour en France et le 10 mai date de mon départ pour le Sénégal, je fais un aller-retour d'une petite semaine (17ième voyage) afin de répondre à l'invitation du Président de la République du Sénégal, Maky Sall. J'avais formulé cette demande d'audience en déc. 2013 pour présenter à la Présidence nos futurs bailleurs et leurs projets d'investissement. JCL était seul car JCL était toujours aux iles Maurice où il réside. J'étais accompagné de F.Z. notre trésorier. La rencontre avec Maky Sall a eu lieu le 28 mars à Dakar.
Cordialement accueillis et après les présentations, JCL informa le Président de la République, sur la création de la société qu'il souhaite implanter au Sénégal dans le but de développer tout ce qui touche l'énergie, (solaire et biomasse) les ressources en eau et de ce fait l'agriculture et plus tard l'assainissement. Ce fut un dialogue passionnant et en ce qui me concerne, j'ai été agréablement surpris par la réactivité du Président à ma propre intervention. J'ai fait référence à l'AAD, à son action au Sénégal depuis 2007 et plus précisément au dispensaire et à l'approvisionnement des médicaments (problème lié au dispensaire Jo). Très attentif, il a convié son secrétaire de mener l'enquête mais malheureusement la promesse à ce jour n'a pas encore abouti. Cependant pour moi, rien n'est perdu...pas plus ni moins que le projet de construction du complexe sanitaire de Gouye Mouride . (Voir la page projet sur le site)
Pourquoi je reste toujours optimiste?
Même si depuis cette rencontre du mois de mars, il y a très peu évolué, je continue de dialoguer avec JCD et JCL.
Certes de nombreux événements ont perturbé le déroulement du programme tel que le décès du dirigeant des Emirats arabes (nos mécènes) et les problèmes liés à sa succession, mais jamais je n'ai ressenti le renoncement de nos bailleurs. J'attends donc patiemment le 27 septembre, date de notre AG pour vous en parler de vive voix et peut être que d'ici là de bonnes nouvelles nous seront parvenues et communiquées.
L'autre fait marquant à vous révéler est celui de l'expédition d'un 7ième container. Pourquoi deux containers expédiés dans un laps de temps si rapproché ? C'est dû à deux impératifs : celui de débarrasser le local servant de dépôt à Avignon qui est censé ne plus être occupé pour cause de vente et surtout à la quantité de matériel récupéré très rapidement après mon retour en mars.
Les 77m3 du container ont tout juste suffi pour contenir les 200 colis de consommable et tout le matériel (lits médicalisés, table ophtalmologique, tables d'examen, bureaux et chaises, et j'en passe). Le cabinet médical SNCF de Béziers ainsi que deux autres généreux donateurs ont été les grands pourvoyeurs. Sont venus s'ajouter les dons récupérés par les élèves de Sud Formation Santé de la CCI d'Avignon. Merci à toute l'équipe de Béziers, (Michel B., Daniel D., René H., Jean-Marie C., qui depuis l'origine de l'AAD me soutiennent. Ils ont effectué de
gros efforts pour la récupération de ce matériel. Un grand merci également à l'association ( ASPA) rencontrée au Sénégal et qui a assuré bénévolement le transport de Béziers à Avignon.
J'ai attendu le 18 juin pour recevoir ce 7ième container à Mbour alors qu'il aurait dû arriver le 27 mai. Ce retard imputable au transporteur maritime n'a pas eu de conséquences fâcheuses. Le déchargement, le rangement et la distribution se sont faits sans la pluie de l'hivernage proche et, dans le temps qui restait avant mon retour.
L'école est finie et je pense à la prochaine rentrée. Je rends visite aux établissements scolaires des enfants parrainés ; Il y a de réelles satisfactions dans l'ensemble. Je suis ravi tout comme le sera sa marraine d'apprendre la première place de Fanta qui va rentrer en sixième ainsi que son cousin qui a progressé à ses côtés et passe également en sixième...
Avant de partir, j'ai rencontré à nouveau F. Séné directeur de l'école à Palmarin, située dans le Sine Saloun. Afin d'étancher le toit du bâtiment qui sert de bibliothèque, je lui ai fourni des pots de goudron, achetés à Mbour. J'espère que cette réparation suffira...
Je compte à présent sur vous pour la prochaine assemblée du 27 septembre où le dialogue sera privilégié car les questions seront j'en suis convaincu, très nombreuses.
- 16ème Voyage –
10 décembre 2013 - 10 mars 2014
de France...
...au Sénégal
Ce 16ème séjour au Sénégal arrive à son terme; en voici le résumé.
C'est une fois encore " l'épisode container " et ses surprises; Comme à l'accoutumé, j'affronte l'administration sénégalaise à qui j'avais déposé lors de mon précédent séjour d'octobre dernier, le dossier d'exonération du matériel transporté dans ce 6ème container. En réalité au lieu de gagner du temps je dois reformuler cette demande car depuis lors, le dossier s'est bel et bien égaré je ne sais où...
De plus, côté français c'est guère mieux, puisque le chèque pour régler le transport s'est également perdu entre Avignon et Fos..., et le temps de faire opposition pour en déposer un autre, nous a coûté des journées de pénalité au port de Dakar qui refusait de nous le livrer. Conséquence, nous avons reçu le container à Mbour, le samedi 18 janvier soit 40 jours après son chargement à Avignon.
Cependant, ce jour-là, comme ce fut le cas en France, une équipe rodée et très dévouée a prêté mains fortes. Moins de quatre heures ont suffi pour vider le précieux chargement. Je remercie tout ce monde, sénégalais et français, unis dans l'effort. Ce fut un bel exemple de fraternité et de solidarité. Depuis ce jour, les 637 cartons et matériel divers ont presque tous trouvé leur destination finale. Reste à distribuer les colis affectés aux villageois que j'ai coutume de rencontrer.
J'ai prévu de rentrer en France mi-février; je repousse ce départ pour mettre toutes les chances de mon côté dans la réussite du projet de Gouye Mouride. Je suis tenu aussi par la Présidence du Sénégal vers qui j'ai formulé un rendez-vous pour nos bailleurs. Ils désirent présenter et parler de leurs propres intentions à Maky Sall, à savoir investir dans l'équipement en énergie renouvelable (solaire, biomasse, éolienne, l'irrigation destinés à l'agriculture et l'assainissement.
Le 10 mars, afin d'informer le conseil d'administration de l'AAD sur l'évolution du projet avec nos bailleurs et le contrat de prêt que je viens de recevoir, je rentre en France précipitamment. La contre-proposition rédigé avec notre avocat conseil, et retourné aussitôt, ne donne pas entière satisfaction à nos bailleurs. Cela a pour conséquence, un retard supplémentaire qui nous pénalise évidemment pour le début de travaux prévu avant l'hivernage.
Le 20 mars, le rendez-vous avec le Président Maky Sall vient de me parvenir contre toute attente et c'est ainsi que je repars précipitamment vers le Sénégal avec F.Z. trésorier de l'AAD. Nous accompagnons Mr D. bailleur du projet mais également entrepreneur désireux d'implanter leur société au Sénégal. Moment d'émotion pour quelqu'un comme moi qui n'a pas coutume de fréquenter ces personnalités mais également moment de fierté pour être à l'origine de ce qui pourrait devenir un tournant dans l'évolution de ce pays. L'avenir saura me confirmer ou me faire mentir...
A ce jour du 4 avril 2014, j'attends la missive qui enclenchera le démarrage du projet, la réponse ne devrait pas se faire attendre dans la mesure où le courrier reçu de nos bailleurs précise l'évolution favorable du processus. J'espère avant l'hivernage et la période des pluies ...enclencher la première...pour ce démarrage tant attendu.
Ce courrier enfin est non seulement mon carnet de route mais aussi un message pour l'avenir de l'AAD...Pourquoi ?
C'est pour inviter ceux et celles d'entre vous qui ne l'ont pas déjà fait, de renouveler l'adhésion à l'AAD pour 2014.
Depuis 2007, ce mouvement d'entraide vers les moins fortunés s'est largement maintenu et développé. Aujourd'hui nous franchissons une nouvelle étape, c'est pourquoi nous ne devons pas abandonner malgré nos propres difficultés.
Notre seul dopage, inoffensif mais tellement efficace, est la réussite qui verra le jour dès demain grâce à vous tous réunis pour cette cause...merci...
15ème Voyage –
7 Octobre 2013 - 1 Novembre 2013
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Un voyage imprévu mais un voyage plein de promesses dans la mesure où à l'heure où j'écris, j'ai la conviction qu'il va se poursuivre au-delà des trois semaines passées au Sénégal. A travers ces quelques lignes voici ...l'essentiel de ce 15ème voyage.
Sur l'invitation de Patrick H. je décide précipitamment de l'accompagner vers le Sénégal avec sa voiture. Soit 5435 kms à parcourir d'Avignon à Mbour.
Benoît R. son copain de travail, nous accompagne également. Nous partageons ainsi le volant de la " Logan " pendant les neuf jours que dure ce voyage. Sans problème mécanique, par étapes de 600 à 700 kms et à condition de faire abstraction du passage aux frontières Maroc Mauritanie et Mauritanie Sénégal, l'ensemble du trajet se passe bien. Les 24 arrêts des policiers marocains ou mauritaniens sont déjà oubliés. Cependant les formalités au passage de Rosso, frontière Mauritano/Sénégalaise, sont longues et pénibles car nous les passons sous une forte canicule. A Rosso, l'intervention d'Abdoulaye Yade, mon Grand, arrange les choses. La police de frontières est décidée en cette veille de la tabaski de faire des heures supplémentaires...ou du zèle... je les soupçonne, excusez-moi, de chercher à payer le mouton qu'ils n'ont pas pu encore acheter. Difficile de résister...
Ce n'est qu'à 21heures, après 9heures d'attente et de démarches que nous poursuivons la route vers Saint Louis où nous attend un ami de Patrick pour passer la dernière nuit ensemble. Surprise..., la famille d'accueil, fête le mariage du deuxième fils et c'est donc tard dans la nuit que nous nous reposons enfin. La terrasse sur le toit nous sert de chambre. A la belle étoile, en compagnie des moustiques et du muezzin qui dès 5heures lance comme tous les matins l'appel à la prière....la nuit fut courte...
Lever donc très tôt, nous faisons un détour par la langue de barbarie, que Benoit ne connait pas, avant de poursuivre vers Thiès où nous attend Abdou. C'est là que je donne congé à Patrick et Benoît.
Invité par Abdou à fêter la Tabaski, je passe la journée entouré de sa grande famille, son épouse, ses sept enfants, ses deux belles filles et sa première petite fille.
Beaucoup de souvenirs, des images gravées dans ma tête mais aussi sur la carte mémoire de mon appareil photo. Ils retracent les faits marquants de ce quinzième épisode. Je retiens déjà plusieurs événements et je citerai avant tout l'accueil (les arrêts) trop fréquents de la police marocaine et surtout mauritanienne, la variété des paysages certes désertiques mais tellement exotiques, perçus tout au long du trajet, la gastro-intestinale de Patrick et de moi-même, pas facile à maîtriser en voyage, certainement due au repas pris dans un campement marocain...,
le pain de singe salvateur...que j'avais emporté au cas où ...enfin, l'accident d'une R18 des années 80 trop vieille, trop chargée, des bagages trop volumineux posés sur la galerie et les tonneaux qu'elle effectua devant nous avant de s'arrêter dans un nuage de poussière ... Les voyageurs d'un car auquel je fais de grands signes pour s'arrêter, vont secourir aussitôt les occupants du véhicule. La suite de ce drame je ne la connais pas, trop de monde autour du véhicule prêt à porter les premiers secours, nous incite à repartir. Au contrôle de police qui suit nous signalons l'accident et quelques kms après nous croisons une ambulance et sa sirène reconnaissante...
Je reviens à présent sur le Sénégal et sur les faits marquants de ce voyage éclair.
Pour ce qui est déjà en place, l'ensemble des activités se poursuit normalement...à la sénégalaise...parfois, mais pleines de promesses.
Une ombre cependant au tableau concerne les inscriptions des élèves à l'ISEM. Elles ne sont pas légions et pour cause, les frais de la Tabaski (moutons, habits, etc...) freinent à présent les parents à inscrire leurs enfants par manque de moyens...Nous espérons rattraper le retard en novembre...
Pour ce qui concerne le projet du complexe sanitaire, nous rentrons maintenant semble-t-il, dans une phase de concrétisation.
Mr D. que nous avons rencontré à Avignon, après l'assemblée générale, nous confirme les avancées. Pour nous verser un premier acompte et valoriser ainsi la parcelle, j'ouvre ainsi un compte à la BOA à Mbour. Ce virement nous permettra d'engager les travaux de terrassement des 7000m2 du complexe. Je lance l'appel d'offre et je choisis un entrepreneur en TP pour le déblaiement et le nivelage du terrain toujours occupé cependant par trois familles. Ce constat démontre les difficultés de la Mairie de Mbour à se faire entendre vis à vis des familles qui squattent le terrain.
Ensuite je reprends contact avec l'architecte avec lequel nous travaillons sur les plans définitifs. Ces derniers sont indispensables pour l'obtention du permis de construire. Les démarches avec le cadastre, facilitées par la conseillère municipale à la santé de Mbour, sont arrivées à termes et je laisse le soin à Abdou de poursuivre celles qui concernent les Domaines et la Sécurité (les pompiers).
Je contacte également une entreprise susceptible d'effectuer les grands travaux dans un délai imposé par nos bailleurs. Je signale que le financier Mr L'E. m’a fait parvenir un courriel comprenant 29 questions auxquelles j'ai répondu avec l'aide de François et d'Abdou. L'une d'entre elles fait état d'un délai d'un an pour la réalisation de l'ensemble des travaux, ce à quoi je réponds que la saison dite d'hivernage risque fort de perturber les travaux et qu'un délai de 15 mois est plus raisonnable.
Tout cela pour vous dire que je repars ce jour 1er novembre avec beaucoup d'espoir et que mon prochain séjour engagera certainement la suite des opérations. Certes les difficultés et obstacles ne manqueront pas de surgir mais la volonté de poursuivre et d'atteindre le but fixé m'aidera à ne pas flancher.
En arrivant, une grosse tâche m'attend avec le sixième container. Certes je ne suis pas tout seul et je sais que je peux compter sur toutes les bonnes volontés qui m'ont déjà soutenu pour les cinq précédents.
Autre événement avant mon départ du Sénégal, je me suis rendu avec Abdou à Dakar déposer le dossier d'exonération auprès du ministère de la santé; J'espère l'obtenir comme pour les précédents avec l'aide de Boubacar notre transitaire attitré à présent.
Le même jour nous avions pris rdv auprès de la PNA (pharmacie nationale d'approvisionnement en remèdes) pour rencontrer la direction. En effet depuis quelques semaines la responsable du secteur de Thiès nous coupe le robinet des médicaments pour cause inexplicable à nos yeux. Dans un pays qui se trouve en réelle difficulté sanitaire,
comment faire entendre raison à un responsable que l'activité au dispensaire Jo est une activité humanitaire...sans bénéfice outrageant ; la discussion est longue et difficile et surtout semble inutile...Cependant deux jours après cette rencontre, le même médecin nous téléphone que nous pouvons continuer à nous approvisionner à la PR A (régionale) en attendant les résultats de l'enquête....peur du scandale que nous sommes prêts à assumer Abdou et moi , ou prise de conscience ...Allah seul le sait...
C'est ainsi que je repars le 1er novembre, satisfait du déroulement des événements et heureux de retrouver dans ces conditions la famille, les amis avec lesquels nous avons décidé de poursuite ce destin...vers le prochain voyage.
14ème Voyage –
17 Mai 2013 - 17 Juillet 2013
Les premiers jumeaux du dispensaire "Jo" nés le 1 juillet 2013 ---oooOooo---
Quatorzième voyage pour lequel j'attache une importance toute particulière.
En effet, je suis de retour au Sénégal depuis le 17 mai avec deux objectifs ; celui de poursuivre l'aide que j'apporte quotidiennement à la gestion du dispensaire et de l'ISEM et celui de commencer les travaux du complexe sanitaire.
Pour le premier objectif, je ne rencontre pas trop de problèmes même si la vigilance est de rigueur pour maintenir le cap à l'ISEM. Dans les faits, l'année est difficile à boucler en termes de budget avec l'effectif trop limité de cinquante élèves. Heureusement que le dispensaire qui a pris maintenant son essor, aide à maintenir l'ISEM hors du dépôt de bilan. C'est pourquoi avec Abdou nous nous efforçons à trouver des solutions pour la prochaine rentrée.
L'Etat comme à son habitude n'apporte aucun soutien, bien au contraire ... des pistes ont germé dans nos têtes : parrainage ou encore prime pour les élèves qui emmèneraient une inscription supplémentaire à la rentrée etc..., autre piste, nous nous rendrons à Dakar pour rencontrer un établissement bancaire africain qui a créé une fondation ; peut-être pourrait-il nous épauler dans cette démarche mais je n'y crois guère..., car je sais qu'il n'y a rien sans rien ... à plus forte raison avec les banques.
Concernant le projet du complexe de Gouye Mouride, je reste à ce jour convaincu, qu'il peut se réaliser même si rien n'est signé avec le bailleur de fonds. Suite au dernier contact de la semaine dernière, nous devrions être fixés d'ici quelques semaines. C'est pourquoi je souhaite démontrer aux autorités municipales et aux populations que nous sommes toujours opérationnels. Certes les travaux que j'ai engagés se limitent à la construction d'un puits et d'une case de gardiennage. Pour le puits j'ai fait venir un sourcier qui m'a indiqué un emplacement susceptible de trouver de l'eau. Nous avons commencé les travaux, mais à ce jour nous tombons sur une couche en pierre calcaire, fort épaisse et très dure. Le travail se fait au burin et au marteau et demande beaucoup d'efforts. Quinze jours déjà que nous avons débuté et deux mètres en profondeur sont à peine creusés.
L'hivernage approche, c'est la saison des fortes pluies favorables aux semis de mil ou d'arachide mais peu propices aux travaux de maçonnerie. Pour cette raison j'attendrai fin septembre pour construire la case du gardien ; j'ai signé le contrat de construction avec l'association " les Mains Ouvertes " qui forme des jeunes dans un centre d'apprentissage à Warang, cité proche de Mbour. Encadré par des moniteurs (français) ce chantier sera pour certains d'entre eux nouvellement sortis de cette école, une première expérience. J'ai souhaité également, pour la main d'œuvre non qualifiée, prendre des personnes du quartier au chômage ; c'est cependant difficile de faire plaisir à tous, et je dois rester prudent pour ne pas créer des
jaloux...
L'assemblée générale 2013 de l'AAD est fixée au 14 septembre, je profite pour vous annoncer que nous nous efforçons de faire venir comme les années précédente, Abdoulaye Yade , mais aussi Alphonse Diouf que j'aurai le plaisir, je l'espère, de vous présenter à cette occasion. Alphonse est diplômé de l'école et a été engagé à la direction des Etudes de l'ISEM tout en assurant des tours de gardes au Dispensaire. Sérieux et compétant, j'ai souhaité qu'il fasse un stage de perfectionnement en France. En faisant ce geste je pense à l'avenir...du futur complexe...
Mais, quelle galère pour obtenir son visa (s'il l'obtient car rien n'est gagné aujourd'hui). Hélène se bat comme un diable pour obtenir la convention entre l'AAD et l'Hôpital d'Avignon, qui doit être signée par la préfecture. Tout comme le certificat d'accueil, signé par la mairie avec en prime l'achat d'un timbre fiscal de 30€, sans parler de tout le reste qu'il faut présenter mais qui serait trop long d'énumérer. Le parcours du combattant n'est rien à côté de ses démarches autant épuisantes que coûteuses... L'administration française de l'ambassade du Sénégal applique des mesures draconiennes et au temps de l'informatique il est plus difficile à présent de convaincre qu'au temps de la plume d'oie...sans parler des obstacles de tous ordres...
Je comprends un petit peu mieux à présent l'Etat sénégalais, même si à mon avis, il a tort d'appliquer la réciprocité pour les étrangers qui désirent se rendre au Sénégal. Déjà que le tourisme ici n'est pas folichon actuellement, je ne pense pas qu'il se développe dans ces conditions. Dès le premier juillet, il faudra se rendre au Consulat en France pour déposer la demande de visa et y retourner pour la retirer ; coût de l'opération, en plus du billet (un des plus taxé au monde) 60 € sans parler des déplacements au Consulat en France... si comme cela risque d'être le cas, je dois me rendre aussi fréquemment que par le passé au Sénégal, je pense demander une carte de résident, certes de 150€ environ, mais plus avantageuse par la suite puisque valable cinq ans...
Peut-être d'ici mon retour prévu le 17 juillet aurai-je d'autres nouvelles ...bonnes... je l'espère à y ajouter...
13ème Voyage –
15 Décembre 2012 - 02 Mars 2013
Parti de France le 15 décembre 2012 avec l'intention de faire progresser le dossier du complexe sanitaire de Gouye Mouride à Mbour, je retourne en France deux mois et demi plus tard, avec l'espoir de réussir l'impossible. Je ne vendrai pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué mais l'information ci-dessous me parait suffisamment sérieuse pour en parler.
Cependant, je ne diffuserai ces quelques lignes sur le carnet de route du site de l'AAD qu'après avoir obtenu l'assurance de son authenticité. Vous vous souvenez du financement recherché pour bâtir le complexe sanitaire? Plus de 500 millions de francs sénégalais soit 900.000€ environ. Le chiffre parait colossal pour notre petite association quand on sait que le budget annuel de l'AAD est de quelques dizaines de milliers d'euros seulement. Et pourtant ce rêve pourrait bien se réaliser.
Comment tout cela est arrivé ? La pertinence, l'occasion et l'opportunité de la communication sur internet...
En effet, le réseau social que je nommerai " intelligence collective dans un esprit de collaboration " a produit ses effets. Par le biais de ce moyen de communication, j'ai rencontré une personne qui m'en a fait connaitre une autre. De bouche à oreilles j'ai pu ainsi proposer au représentant du bailleur potentiel que je ne peux pas encore nommer, notre projet à travers des échanges internet, via Skype.
Ayant retenu son attention, et après quelques mois de débats téléphoniques, nous sommes à présent arrivés au stade où la décision de financer le projet va être prise d'ici quelques semaines. Vous vous doutez que j'attends impatiemment la mi-mars, date de la réunion collégiale de leur entreprise. Certes rien n'est acquis et le chemin qui mène à la réalisation sera encore long mais aujourd'hui, je continue d'être optimiste et de penser que leur décision pourrait être favorable.
Cependant, si tel n'est pas le cas, je ne baisserai pas pour autant les bras car comme je l'ai déjà dit, l'avenir appartient aux hommes qui sont debout et tant que je le resterai " debout ", je chercherai une autre solution...
De plus, je tiens à conserver ce patronyme " d'homme debout " encore quelques temps... le temps de bâtir avec vous qui m'avez soutenu jusqu'à ce jour, ce complexe sanitaire pour ces hommes, ces femmes et ces enfants sénégalais, laissés pour compte...
Un mot à présent du Dispensaire Jo qui a ouvert le 1er janvier 2013 sa nouvelle maternité. Il devient peu à peu la référence de Mbour et sans la moindre publicité pour éviter de faire du tort aux matrones encore opérationnelles au Sénégal, nous sommes à présent passé de 4 à 5 naissances par mois à plus de 20. Ce dimanche 9 février, 4 petits et petites " Zo, comme ils disent ", sont nés...
Oui, soyez persuadé, l'aventure mérite d'être encore poursuivie même si je dois oublier les tracasseries administratives, les mystifications et les menteries de certaines personnes qui empoisonnent mon parcours et garder seulement dans ma mémoire, les meilleurs moments. (Dernière tracasserie en date, le vol de mon téléphone portable laissé maladroitement dans les toilettes de l'ISEM... par un ou une élève mal intentionné...)
Mais au fait, connaissez-vous l'homme ou la femme irréprochable ?...
12ème VOYAGE 02 Mai 2012 - 14 Juillet 2012
Déchargement du container, dons au collège de brousse, Salle du grand stock de la pharmacie
du dispensaire "Jo
J'ai attendu mon retour en France pour retracer ce douzième épisode et vous communiquer ainsi les nouvelles de ce voyage.
Principale activité prévue, le 5ième container à récupérer à Dakar.
L'arrivée tardive au Sénégal du cinquième container, retardé dès son départ de Fos pour raison administrative, ne m'a pas permis de profiter des amis Catherine, François, Christine ,Patrick, et Hélène, qui sont venus de France durant ce mois de mai. C'est donc une équipe du Sénégal, certes rodée, qui a déchargé le samedi 2 juin la totalité des 380 colis et des matériels divers que nous avions chargés le 21 avril à Avignon. A noter que ce 5ième container ne m'a pas causé de problème particulier pour son transfert à Mbour et son déchargement. Aidé de notre transitaire attitré, Boubacar C.,nous avons contourné les obstacles à moindre coût et évité en majorité les dédommagements fâcheux ...
Avec cet apport de nouveaux consommables et de matériel, le but est largement atteint. Les familles des enfants parrainés, le collège de brousse, les villageois de Ndianda tout comme les personnes qui fréquentent le dispensaire, tous sont ravis de ces cadeaux. De plus, nous pourrons équiper confortablement la nouvelle maternité dès que les travaux seront achevés.
Nous espérons en juillet même si je mets quelques réserves. Il reste encore les finitions qui demandent des fonds importants que le propriétaire ne semble pas avoir. Nous avons pu en
catastrophe finir l'essentiel pour entreposer les colis, mais pour ce qui est de l'eau, des portes intérieures, des peintures sans parler de la protection des eaux de pluie....qui ne sauraient tarder car l'hivernage approche à grand pas,... je crains fort que les quatre semaines qui précédent mon retour soient suffisantes...
En attendant nous avons équipé le rez-de-chaussée, tel que nous le souhaitions, en modifiant les locaux de la petite pharmacie et du stock. Ces travaux me permettent de ranger au mieux les réserves des consommables avec les étagères venues de France par le container. (voir photo)
Nous évoquons Abdoulaye et moi le futur immédiat car l'ouverture 24h/24 de la maternité nous demande de réorganiser tout le service et d'embaucher du personnel.
Mon retour approche (J-7) et je n'ai pas complètement répertorié le stock de la Pharmacie. Cependant depuis quelques jours nous avons l'aide de Claudine, pharmacienne retraitée et retirée à Nianing, proche de Mbour. Ce coup de main nous est précieux et facilite le rangement.
Une surprise et pas des moindres est venue couronner ce voyage avec l'arrivée inattendue d'Alain P.
Sa venue m'a permis de montrer, et de faire partager tout ce que nous avons réalisé à ce jour. Merci Alain pour cette promesse tenue et ces moments passés ensemble sur les bords du Sine Saloum.
En espèrant la mise en chantier du futur complexe (voir CR de l'A.G. 2012...et la page "Nos projets" ...) nous avons imaginé Abdoulaye et moi d'organiser des soins gratuits dans la zone où sera implanté le futur dispensaire. Cette opération demande une préparation et des autorisations bien spécifiques. Grâce à Guillaume S. qui est venu spécialement et gracieusement de Nîmes pour nous donner un sérieux coup de main, nous mettons ce projet humanitaire en route.
11ème voyage: 29 Novembre 2011 - 8 Février 2012
Depuis mon arrivée au petit jour du 30 novembre, je ne vois pas le temps passer.
Comme par le passé, je consacre la majorité de mes activités aux enfants parrainés tout en apportant mon aide à l'ISEM et au dispensaire ; ils sont à ce jour 24 élèves répartis dans 8 établissements. Ce chiffre semble dérisoire devant le nombre d'enfants toujours croissant et principalement ceux des zones rurales, mais il n'en demeure pas moins qu'il est significatif à mes yeux.
Vous ne devez pas avoir oublié le petit collège de brousse dépourvu de table pour écrire et que l'AAD a aidé en offrant 30 bureaux fabriqués par un jeune menuisier de Mbour. La photo ci-jointe vous donne une idée plus précise des conditions dans lesquelles ils travaillent à présent. Certes ils sont un peu serrés mais tellement mieux pour écrire. Si nous le pouvons par la suite, nous poursuivrons le don car une vingtaine d'enfants sont encore assis par terre... L'ISEM quant à lui n'a pas fait le plein des inscriptions et nous savons Abdou et moi que l'année sera difficile en matière de budget. Nous devons imaginer une autre forme d'enseignement pour faire des économies ; nous avons pensé polycopier les cours pour limiter les heures des professeurs qui dictaient les leçons avant de les expliquer.
Pourquoi cette chute des inscriptions ? De nombreuses raisons nous paraissent évidentes :
- en premier lieu, les parents qui n'ont pas les ressources pour payer la formation professionnelle de leur « grand ».
- ensuite et surtout l’Etat qui pénalise les écoles privées en leur attribuant sans raison un nombre restreint de diplômés (10%) alors qu'il affiche 100/100 de réussite pour les candidats issus du public. Ce paradoxe n'est pas sans conséquences.
Même si le taux de réussite de l'ISEM (29%) comparé aux autres établissements est très supérieur à la moyenne nationale (10%), nous avons enregistré seulement 45 inscriptions à ce jour au lieu de 72 en 2010.
Tout cela est regrettable et préjudiciable, quand on sait que la santé est un facteur essentiel de développement humain et de croissance économique.
A côté de ce constat mitigé, il en existe heureusement un autre plus encourageant même si les difficultés à affronter sont fréquentes pour ne pas dire quotidiennes. Il s'agit du Dispensaire Jo.
Au gré des rencontres, j'entends parler en bien du dispensaire « Zo » comme ils disent ; que pouvais-je espérer de plus ? Qui aurait cru à un tel déroulement ! Moi-même je suis parfois étonné qu'avec si peu de moyens nous ayons pu gravir toutes ces étapes.
Plus de 9000 malades en ont franchi à ce jour les portes. Afin de pouvoir faire face à cette demande d'admission toujours croissante, nous sommes contraints de l'agrandir ;
Le propriétaire nous accorde le permis et prend même à sa charge les frais des travaux moyennant l'augmentation du loyer. Les travaux ont débuté début novembre ; j'espère que d'ici le mois de mai les nouveaux locaux seront fins prêts pour réceptionner le prochain
conteneur devenu indispensable ;
A ce sujet nous recueillons à nouveau sur Avignon les consommables médicaux, pharmaceutiques et autres matériels pouvant servir au dispensaire ou aux écoles ; nous disposons depuis peu d'un local à Avignon pour entreposer. Cependant afin de ne pas prendre du matériel inutile pour notre structure sénégalaise nous vous demandons de nous communiquer la nature des dons avant enlèvement.
Noël et une nouvelle année pointe déjà ; pour la sixième année consécutive, je serai présent sur le sol Sénégalais. Plus que jamais, je ressens tout l’intérêt d'avoir été à l'origine de cette œuvre commune même si parfois, elle ne fut pas entièrement satisfaisante.
Ce message me permet de vous souhaiter une bonne année, pleine d'avenir et je souhaite vous retrouver en France pourquoi pas autour du verre de l'amitié, lors de la prochaine assemblée générale de l'AAD que nous avons fixée au 28 avril 2012 à Avignon, siège de notre association.
Comme j'ai coutume de le dire en fin d'année : " à l'an que ven..."
10ème voyage: - 2 Juin 2011 - 14 Juillet 2011
Cinq ans de va et vient vers le Sénégal... En raison de deux voyages par an ... Et fin du dixième épisode...déjà.
Il est très diffèrent des voyages précédents où je déterminais sur place les priorités à réaliser. A présent l'association évalue depuis la France la faisabilité des projets en fonction des dons perçus et je réalise sur place, avec les moyens mis à ma disposition. C'est ainsi que dès mon arrivée, j'effectue les démarches pour acquérir le groupe électrogène pour l'ISEM. Ensuite, je recherche un menuisier pour la fabrication des bureaux destinés au collège de brousse ;
Dans la foulée l'arrivée du conteneur de l'Hôpital d'Avignon destiné à l'Hôpital Fann de Dakar me permet de récupérer une vingtaine de colis de consommables que nous avions chargés avant mon départ d'Avignon. Les difficultés de déchargement liées à un problème de douanes sont réglées grâce à B.C. qui travaille au Ministère de la Santé en tant que transitaire en formation et qui m'assiste depuis l'expédition du deuxième conteneur.
Entre temps je rends visite au guitariste handicapé et c'est avec une grande joie que je remets la guitare offerte par nos amis. Ce fut un grand moment d'émotion partagé par toute la communauté villageoise qui chantait et dansait au rythme africain en signe de remerciements
Trois semaines sont passées et le groupe électrogène est en fonction à l'ISEM.
Cependant les bureaux tardent à être fabriqués. En effet la Côte d'Ivoire, principal exportateur de "Fraqué", bois exotique, a rompu provisoirement les exportations suite aux événements
politiques; Cependant six jours avant mon départ, j'apprends que la livraison est effective ; j'espère ainsi qu'à la rentrée prochaine les élèves n'écriront plus sur leurs genoux.
L'ISEM est en pleine préparation d'examen de fin d'études pour 42 de ses élèves. Évaluations, synthèses etc... un gros travail qui occupe le quotidien des élèves et du personnel bien au delà des 8 heures journalières.
Grâce au groupe électrogène qui pallie à présent les coupures de plus en plus fréquentes de courant, l'informatique fonctionne à temps plein et rend un précieux service. Je partirai sans connaître les résultats de ces examens mais je peux témoigner que ce ne sera pas faute d'avoir donné aux élèves le maximum de connaissances et ce jusqu'à la dernière minute. Un des derniers week-ends est consacré entièrement à des révisions... ensuite, comme je l'entends souvent ici: " Inch'Allah"...
Côté dispensaire,
acceuil des malades........................salle de consultations
...salle consultations gynéco..............salle de soins
...après un aller-retour au Ministère de la santé à Dakar avec Abdoulaye, nous sommes revenus tout heureux d'avoir obtenu à nouveau l'ouverture de la maternité.
Cela renforce le renom du dispensaire qui fonctionne six jours sur sept à présent.
Nous enregistrons de plus en plus de malades. Ils n'hésitent plus à franchir les portes ; ils viennent même de très loin parce qu'ils " on " entendu parler du " Dispensaire Jo " ...
De tout ce que j'ai pu réaliser jusqu'à présent au Sénégal, c'est de loin ma plus grande satisfaction.
Je termine mon séjour par une visite aux écoles où sont parrainés les enfants ; il s'agit pour moi de relever le bulletin de note et de préparer la rentrée prochaine. Ils sont 27 élèves à présent dans 7 établissements différents à bénéficier d'un soutien financier...
Vous n'êtes pas sans ignorer notre vœu qu'Abdoulaye et moi-même avions un jour formulé ; celui de réunir sur un même site l'ISEM et le dispensaire. Avant que je m'envole pour la France nous avons rencontré les autorités préfectorales et municipales de Mbour pour obtenir gracieusement un terrain d'un hectare minimum. L'affaire est entre leurs mains, nous attendons la réponse officielle...cependant, nous sommes, et je ne l'oublie pas, en Afrique et je sais plus que quiconque à présent que le temps n'a pas la même valeur qu'en Europe... demain ou dans un an ne sont jamais très loin...
Malgré cela, je formule le vœu de poursuivre encore ce parcours de cinq ans car, ce qui a été réalisé à ce jour va au delà de mes espérances et comme je n'aime pas abandonner, je continuerai si vous accordez toujours, votre attachement à l'AAD.
Je n'ai pas parlé des événements liés aux manifestations antigouvernementales du 23 juin; à vrai dire j'ai évité toutes ces manifestations et si j'ai vu de nombreux foyers d'incendies montés dans le ciel de Mbour, c'est avec la radio que j'ai appris essentiellement la révolte des " Y a en marre " C'est ainsi que se qualifient les jeunes sénégalais qui manifestent leur mécontentement vis à vis de la politique de leurs dirigeants et qui déclenchent des actions de violences urbaines (voitures et locaux administratifs incendiés)...
...le chômage est partout présent, l'électricité n'est plus assurée, l'eau fait défaut... Je pense pour ma part que les futures élections présidentielles risquent de devenir chaudes...très chaudes...
à bientôt, ....
Lettre de remerciement d'Abdoulaye YADE
Directeur de l'ISEM ENCORE UN GRAND PAS DE PLUS !!!!!
Les coupures intempestives de l'électricité au Sénégal ont davantage plongé les fonctionnaires dans la nonchalance ; ce qui se traduit par un dérèglement extraordinaire de tout le système.
Le secteur privé en a pris un énorme coup dans la mesure où tous les engagements ne peuvent plus être tenus car le planning des coupures d'électricité annoncé n'est même pas respecté.
Rares sont ceux qui ont les moyens d'acquérir un groupe électrogène.
Les écoles de formation professionnelle sont contraintes de réaménager leur programme en se rattrapant sur le samedi après-midi et le dimanche ; mais là aussi, on joue au quitte ou double car fonctionnant dans l'incertitude.
Nous nous débattons (tous) dans ces conditions difficiles depuis plus de 2ans.
Depuis hier, tout ceci est devenu un vieux cauchemar ; l'A.A.D a payé pour l'école un groupe électrogène flambant neuf (puissance 5kwa, automatisé, option diesel)
Tout le personnel administratif et enseignant est content pour le cadeau.
Comme on dit chez nous : je n'ai pas de mots pour exprimer ma reconnaissance donc, je prie pour vous
Je ferai également en sorte que ce bijou (ou plutôt notre poumon) soit géré et entretenu avec amour au grand bonheur et au succès des professeurs et des élèves.
Comme l'a dit le chanteur, " le rêve d'un monde meilleur peut se réaliser si on y croit vraiment ". Il faut que vous soyez convaincu que je mesure à sa juste valeur l'importance des gestes et des actes que vous ne cessez de poser !
Je ne vous remercierai jamais assez ! Soyez en témoin
9ème Voyage – Décembre 2010 - Mars 2011
Jusqu'à présent je vous donne des nouvelles une fois rendu sur place ;
Si j'anticipe, c'est pour vous montrer avant mon départ prévu le 9 décembre quelques photos du chargement des 326 colis et du matériel récupéré depuis mon retour en France.
Les 76m3 du conteneur furent rempli dans ses moindres recoins par l'équipe à présent bien rodée à ce type de travail. Pas moins de 7 heures d'effort collectif pour arriver à nos fins et cela dans une ambiance toujours égale. Merci à tous.
Vendredi 24 déc 2010
Je ne m’attends pas à ce que tout se déroule sans problème et heureusement que je suis à présent averti ; les difficultés sont plus faciles à traverser...
Le bateau appareille 4 jours plus tôt que prévu, le port ne nous informe pas... évidemment ! Or les dispositions de Doubaï-port ont changé ; nous disposons à présent de dix jours et non de quatorze comme précédemment pour sortir le conteneur.
La course contre la montre commence pour éviter les pénalités journalières du port. (100 €/Jour). Malheureusement, nous n’y échappons pas totalement à cause de la fermeture de leur bureau, le vendredi veille de Noël. Nous prévoyons de ce fait sa sortie pour mardi.
De plus, avant d’arriver à sa destination finale, nous devons une fois encore nous plier aux exigences douanières. Contre toute attente, la douane nous demande de passer le conteneur au scanner... c’est à coup sûr l’amende (trop d’objets non déclarés) et beaucoup de journées d’attente car la file des conteneurs qui doit passer au scanner est impressionnante... Heureusement que Boubacar, le transitaire employé à présent pour régler les formalités d’usage, nous sort des griffes sans trop de dommage financier. Le pire est donc évité...
Le mardi matin, le conteneur prend enfin la route de Mbour à 6 heures. Passage obligé et arrêt par la volante à Rufisque (une bonne heure), arrivé à Mbour à 12 h, freiné par le convoi présidentiel. Le Président Wade est venu inaugurer un musée à Sally. Une flotte de 4X4, vitres tintées, sirène de la police motorisée, rien ne manque pour attirer l’attention de la population locale, plus soucieuse à trouver pitance qu’à ovationner un président de moins en moins populaire à présent. Trop de coupures de courant, trop de chômage, trop de
« manques » dans cette Afrique oubliée par ses dirigeants pour que le pays se développe vraiment.
Il reste à franchir les 800 m de piste qui mènent au « dispensaire Jo » pour le déchargement. Les amis, le personnel embauché, tous sont là prêts à donner le coup de main au déchargement ; un plan est dressé pour le rangement des 326 colis et de tout le matériel hétéroclite mais prépcieux.
Il fait très très chaud et nouvelle surprise pas ordinaire : le chauffeur refuse de conduire le 35 tonnes sur le sable de peur de se planter ; trois heures de discussion et toujours la même obstination... son patron mis au courant de notre situation parvient après une autre heure de palabre à le convaincre enfin. Mais je suis de plus en plus inquiet car connaissant la susceptibilité de ces personnes, je me dis qu’il est capable de s’ensabler pour prouver qu’il avait raison...et c’est en fait ce qui arrive à 100 mètres du but...
N’ayant pas réussi après deux autres heures passées à sortir le camion de son lit de sable, je prends la décision de reconduire les opérations de déchargement au lendemain. La nuit pointe et l’obscurité sera totale d’ici une petite heure ; je refuse donc d’ouvrir le conteneur et de faire le transport à la main des 76 m3 de matériel pour franchir les 100 derniers mètres dans aussi peu de temps. Le risque de ne pas tout maîtriser et d’assister à un grand désordre est trop important ; je remercie toutes les personnes qui patiemment avaient attendu toute la journée pour rien et je donne rendez-vous à demain.
La nuit comme souvent dans ce cas là, me permet de formuler la conduite à tenir pour trouver la bonne solution.
Au petit matin avec Abdou, je réveille le chauffeur qui avait passé la nuit abrité dans une couverture, entre les roues du semi-remorque. Il ne parle pas un mot de français mais Abdou me sert d’interprète afin d’imposer mes intentions pour nous sortir de ce pétrin.
Je récupère des tôles, la manœuvre est payante puisque moins d’une heure après, le conteneur est positionné près du dispensaire. Plus facile à décharger qu’à charger, il est entièrement vidé de son contenu après deux heures d’effort.
Vers 14 heures, nous partageons le bol de riz tous ensemble, heureux d’avoir atteint le but que nous nous étions fixé. Huit mois auparavant nous commencions sa collecte ...à Avignon. A présent, dernière étape à franchir : la distribution. Pour se faire, je dispose de nombreuses semaines puisque je ne retournerai pas en France avant mi-mars.
J’attends à présent l’ambulance ; un contretemps et les conditions climatiques ont retardé une énième fois son acheminement. Elle doit arriver à Dakar aux environs du 13 janvier. Je croise les doigts car depuis 10 mois nous espérons son débarquement.
Jeudi 20 JANVIER 2011,
J’attends non sans une certaine émotion le moment où je vais apercevoir l’ambulance ; dix mois sont déjà passés depuis son acquisition à Avignon ; Boubacar, notre transitaire a fini les nombreuses démarches douanières pour sortir le véhicule du port de Dakar.
Trois jours ont été nécessaires, ce qui évidemment a été suffisant pour sanctionner son parcage d’une taxe supplémentaire non négligeable.
Nous avons rendez-vous devant l’embarcadère de l’ile de Gorée pour 15 h.30 ; nous sommes à la veille du Magal, fête religieuse des Mourits qui se célèbre chaque année dans la ville de Touba où réside le Grand Marabout du Sénégal. Il faut sortir de Dakar avant 17 h. car il devient alors impossible de circuler. La fête de Touba n’arrange pas notre déplacement. Des milliers de voitures, de cars collectifs accompagnés dans l’embouteillage par des centaines de marchands ambulants, partent dans la même direction. Bondés de gens et chargés sur la
galerie d’un monticule de bagages hétéroclites, ils se faufilent à pas de fourmi dans la seule route qui rejoint Pikine, Rufisque et Mbour.
Avec seulement quelques minutes de retard nous voyons apparaître Boubacar qui nous conduit aussitôt à l’ambulance. J’aperçois enfin son capot ; le voyage n’a pas arrangé la carrosserie...quelques éraflures mais rien de bien méchant...Je m’empresse de l’ouvrir mais à ma grande surprise je constate que la porte latérale est forcée. Je suis bien obligé de me rendre à l’évidence, la guitare que j’avais récupérée la veille de mon départ et planquée sous le brancard a disparue. Je rentre dans une colère noire... je laisse échapper un chapelet de gros mots...pour me soulager. Rarement j’ai ressenti une telle déception...Comment expliquer à présent au jeune handicapé à qui je l’avais promise que je ne pouvais pas une fois encore la lui offrir...
C’est ainsi, nous avançons projets après projets contrariés certes mais satisfaits cependant des résultats jusqu’à présent obtenus. A présent je vais m’attacher à améliorer le dispensaire pour deux raisons essentielles : la première et la plus urgente est de mettre tout en œuvre pour construire sur le toit terrasse existant, une chambre afin de loger la matrone qui assurera la permanence de nuit. Ici plus qu’ailleurs les enfants naissent en majorité la nuit et nous devons assurer les accouchements de toutes les femmes qui sont suivies au dispensaire durant leur grossesse. La deuxième est de garantir la sécurité des biens et c’est pourquoi nous
devons aussi construire une chambre de gardien.
Ces travaux engendrent des frais d’un montant de 3000000 frs soit 4500 € environ. Dès mon retour en mars, nous allons nous consacrer à la réalisation de ce projet et trouver un groupe pour palier aux manques de courant de plus en plus fréquents... Plus de douze heures par jour... raisons invoquées officiellement : pannes mécaniques des centrales et carburant déficient...
Mai 2010 - Juillet 2010
prévu en ambulance mais jamais terminé..... Vendredi 28 mai 2010
13h30. La photo souvenir avec Roland et Hélène, les embrassades, le signe de la main à travers la fenêtre de l'ambulance, et nous voilà partis Jean-Michel, Tango son chien et moi-même pour rejoindre Sète, port d'embarquement pour Tanger et franchir les 5500kms qui nous séparent du Sénégal.
Nous sommes largement en avance pour nous balader dans Sète en attendant l'heure de l'embarquement prévu à 17h00, sans compter qu'un retard de 3heures nous est annoncé.
Les formalités policières et douanières françaises ne nous posent aucun problème. 400 véhicules environ en majorité de vieux utilitaires, chargés au-delà du raisonnable à l'intérieur et tout autant sur la galerie, sont rangés dans la soute du Bateau. Nous constatons avec JM que nous sommes les deux seuls européens. Nous sommes dans l'ambiance du Maroc...me dit Jean-Michel. Nous prenons place dans la cabine avec deux autres marocains dont l'un est particulièrement grand et fort. Je ne peux pas m'empêcher de penser que la nuit risque d'être perturbée et mêlée de ronflements. Je ne me suis pas trompé. Je dois intervenir plusieurs fois au cours de la nuit pour stopper l'homme dans son élan et tandis que son compagnon de voyage en fait de même en arabe je comprends à demi-mot qu'il n'est pas content d'avoir été ainsi réveillé...
Samedi 29 mai 2010
Il est 7heures, lorsque je pénètre sur le pont supérieur pour admirer la grande bleue ; pas âme qui vive, l'endroit est parfait pour évader mon esprit et me projeter au lendemain comme j'aime souvent le faire.
A l'abri de la brise marine, sur une chaise longue je prolonge le bain de soleil avec Jean-Michel et Tango qui est tout heureux de sortir de sa niche. Le reste de la journée se passe en alternance sur le pont et le salon où nous regardons un film grâce à l'ordinateur de J.M. Une bière bien fraîche viendra clôturer cette journée...Nous sommes tout heureux de porter un toast au voyage...
Dimanche 30 mai 2010
Levés vers 7h : nous apprenons que le retard du bateau à l'arrivée est portée à quatre heures environ. Il est probable que l'étape de 600Kms que nous avons envisagée, sera plus courte. Tout dépendra du zèle des douaniers...si peu différents d'un pays à l'autre....et dont je conserve des mauvais souvenirs pas si lointains pour les avoir tous oubliés...
15h, nous débarquons en fait avec 6h de retard mais fiers de franchir le contrôle de police sans problème. Notre joie est de courte durée ; après avoir passé ce premier obstacle, nous tombons sur celui des douaniers qui nous font ranger notre ambulance sur le côté d'un hangar, en plein soleil, en nous demandant de bien vouloir attendre...
La totalité des véhicules utilitaires et la grande majorité des voitures débarquées sont rangés dans d'immenses hangars pour un contrôle douanier plus ou moins farfelu et arbitraire et qui souvent se clôture par un billet glissé à la sauvette dans la main du douanier ; j'ai même était témoin d'un geste insolite mais révélateur du système corrompu qui sévit ici comme ailleurs ; un inspecteur en civil prends subrepticement un paquet de mouchoir en papier dans lequel l'individu contrôlé avait, a ma vue, glissé des billets...
Trois heures se sont écoulées avant que l'on veuille s'occuper de nous. Au final on nous dit que l'ambulance ne peut pas sortir du port sans une caution morale en provenance de la France ou bien en payant une consignation dont le montant est fixée par l'inspection des douanes située en ville mais fermée aujourd'hui dimanche. Malgré mes dires, mes supplications mêlées " d'humanitaires " mes allées et venue auprès de l'inspecteur qui était parti vers l'autre port distant de quelques kms et que je rejoins à pied...pour tenter une négociation... il a fallu nous rendre à l'évidence, nous partons Jean-Michel et moi-même en laissant l'ambulance en fourrière, ainsi que le chien, sac à dos pour trouver une chambre à Tanger. Le livre du routard m'indique des adresses d'hôtels et c'est dans l'un d'eux que nous nous installons non sans se poser de multiples questions. En premier qui joindre pour débloquer la situation mal engagée. ...Le consulat...l'ambassade... ?
Lundi 31 mai 2010
Sitôt levés nous rejoignons le consulat qui ouvre à 9h et non à 8h30 comme le précise le " Routard ". Peu enclin à nous renseigner et à nous apporter l'aide attendue, le représentant du consul nous annonce que la caution dite morale n'est plus accordée pour ce type de matériel en transit et que nous pouvons téléphoner à l'ambassade à Rabat pour nous renseigner même si, nous dit-il, nous avons peu de chance de l'obtenir. La réponse entendue au téléphone confirme nos craintes et notre seul recours reste la direction des douanes que je rencontre dans la foulée pour connaitre le montant de la consignation.
De surprise en surprise et pour des raisons visiblement farfelues pour moi mais précises pour les autorités en question, je n'obtiens aucune concession ni cadeau même de la part du directeur de ce bureau des douanes que je rencontre en dernier recours. Pire, il ne s'intéresse vraiment pas au côté humanitaire de cette opération et il confirme par écrit sur le bon de mise en fourrière que je dois m'acquitter du montant de la consignation. A ma question " à combien la taxe s'élève t- elle ?" la réponse est : nous devons faire évaluer la valeur de l'ambulance par les services intéressés et ce service est à Rabat.
- Puis-je avoir cependant une idée de son montant, une fourchette... ? Exorbitante ose-t-il me dire et il faudra y ajouter le matériel transporté.
Un nouveau rdv est prévu demain...pour être informé de son montant.
Je retrouve Jean-Mi et Tango dans la rue qui m'attendaient, le chien est interdit dans tous les établissements publics ;
Nous décidons d'écrire un courrier à l'ambassadeur de France à Rabat. Nous le rédigeons dans un Cyber avant de rentrer bredouilles et dépités à l'hôtel... mais non sans avoir mangé un tagine excellent et bu un thé menthe...
Nous passerons donc une deuxième nuit à Tanger ; il fait beau et malgré la déception qui nous envahi nous déambulons détendus dans les ruelles étroites de la médina ; la vie débordante y règne et le contraste est grand car les marocains sont des plus accueillants. Les odeurs d'épices mélangées à celles des fumées des petits barbecues sont si alléchantes que nous ne résistons pas à manger une brochette.
Si on exclut les incohérences des douaniers corrompus, l'absence totale d'aide des autorités françaises à l'étranger et si on accepte qu'un véhicule dit utilitaire pouvant apporter une aide précieuse pour les plus déshérités de cette terre et de surcroît en transit soit immobilisé parce qu'il porte le nom " d'ambulance " alors la vie peut sembler belle. Mais ce n'est pas le cas. Comment oublier, tous les efforts des membres de l'association qui m'ont soutenu dans ce projet. Comment surtout oublier à qui et à quoi est destiné le véhicule et les espoirs qu'elle a engendrés. Pour toutes ces raisons je me dois de réagir encore.
Mardi 1 juin 2010
Donc, malgré tous les échecs de la veille, je réitère les mêmes démarches. Cela nous demande de multiples déplacements dans Tanger et de nombreux coups de téléphone. Mais au soir de ce troisième jour, c'est avec beaucoup d'amertume mêlé de dégout que je me couche. Je prendrai la décision de rester encore ou de rentrer en France demain après un dernier recours aux douanes qui n'ont pas pu ou voulu me donner encore ce jour le montant de la taxe
.
Mercredi 2 juin 2010
Je me rends une dernière fois à la direction des douanes. J'insiste auprès d'un inspecteur que je rencontre pour la quatrième fois en trois jours pour qu'il m'indique enfin le montant de la taxe de consignation. Le chiffre qu'il calcule sera approximatif me dit-il car la messagerie de son ordinateur est en panne et il ne dispose pas d'autres moyens pour avoir la réponse à ma question. Cela doit se situer, me dit-il enfin, aux alentours de 65000 dyrams soit 6500€ environ, sans compter la prise en compte du matériel transporté. Devant l'annonce d'un tel chiffre, je n'ai d'autre ressource que de me résigner et d'entamer les démarches pour reprendre le bateau vers la France et de rentrer.
Mais, pour être également convaincu que les autorités françaises à l'étranger se servent de nos impôts pour paraître mais surtout pas pour aider les intérêts du particulier que je suis, je retourne une fois encore au consulat. Cette ultime démarche confirme leur impuissance malgré mon insistance.
En dernier recours, je rentre en contact avec Abdoulaye pour l'informer. Lui-même appelle le consul du Sénégal au Maroc ; là encore et malgré également mon appel auprès d'eux c'est le même constat : on ne peut rien obtenir...
Devant autant d'absurdité, je suis amer et je dis avec insistance qu'il est regrettable d'être le témoin de tant de stupidités. Il n'y a rien d'étonnant qu'avec de tels comportements le monde de la haine et de la corruption se développe au lieu de régresser ...tous pourris ....
La fin de la journée est consacrée au retour de JM et de Tango vers le Sénégal. La surprise est grande quand il apprend que le chien est interdit dans l'avion de Casablanca et également dans le train. D'autre part nous ne trouvons pas de cage pour le transport. Il se décide contraint et forcé de prendre avec moi le bateau et de rejoindre le Sénégal au départ de la France
J'ajoute l’image ci-dessous, prise à notre arrivée au Maroc où nous attendions que les douaniers marocains veuillent bien s'occuper de notre sort. Elle illustre leur comportement et suffit à elle seule pour montrer l'Hypocrisie de leur administration qui ose afficher cette banderole à l'endroit même où les ressortissants étrangers sont fouillés.
Merci le Maroc...et Mohammed V...
je n'ai qu'une envie ...c'est celle de faire parvenir ce carnet de route...à sa Majesté...si soucieuse des étrangers qui œuvrent pour une humanité plus juste... plus fraternelle...et plus solidaire...
Jeudi 3 juin 2010
Le retour et l'embarquement sur le bateau, mérite un épisode bien plus long mais je me contenterai de dire que l'histoire fut cocasse. Après de longues heures d'attente, la police n'avait pas tamponné le passeport du fait que nous avions été escortés jusqu'au bateau par la douane qui craignait sans doute que l'on s'échappe... " du Maroc "...et finalement c'est en catastrophe que nous les avons fait tamponner ... le comble aurait été que l'on rate le départ du bateau.
En conclusion, j'ai échoué dans cette entreprise, racketté et otage en quelque sorte d'un système et de gens qui abusent de leur pouvoir ; cela ne va pas cependant me stopper dans mon élan. Et sitôt
rentré en France, je vais m'employer à trouver une autre solution... pour mieux rebondir et poursuivre ma route...
Suite du 8° voyage
Déjà juillet c’est dire que le temps s’écoule très vite même si je n’ai pas les mêmes préoccupations durant ce séjour ;
Je ne vous oublie pas malgré mon silence, l'ambulance n'est pas là mais les occupations sont toutes aussi nombreuses quand on veut s'en donner la peine.
Je termine de faire le point des élèves scolarisés et je me prépare à les préinscrire pour la rentrée prochaine qui sera déjà la quatrième que je réaliserai ici. Il devrait en y avoir 21 si tous les parrains et marraines répondent à nouveau présents. Ici aussi les frais de scolarisation augmentent sans cesse.
Je profite également des déplacements d’ Abdoulaye qui supervise les élèves infirmiers (es) dans les dispensaires ruraux pour me déplacer en brousse avec lui et je me rends compte-là plus qu’ailleurs, du travail qui reste à accomplir pour sortir toute cette population de la misère physique et morale à laquelle ils sont confrontés au quotidien ; rien à voir avec les zones urbaines mais c’est tout aussi triste à voir ; or malgré cela on rencontre des gens toujours souriants ; la légendaire « Téranga » véritable tradition d'accueil du Sénégal est présente partout.
Les premières pluies permettent de labourer la terre rendue plus friable et semer le mil. La charrue de bois tirée soit par un cheval efflanqué ou un petit âne tout aussi maigrichon retourne cette terre comme nous le faisions chez nous il y a un siècle et plus en arrière. Parfois un semoir rudimentaire dépose les graines dans le sillon. Tous ces agriculteurs disposent de quelques semaines avant les pluies qu’ils attendent mais qu’ils redoutent aussi. Comme partout elles peuvent être violentes et tout emporter avec elles.
Dans cette campagne parsemée d’immenses baobabs, il est fréquent de croiser les femmes chargées sur leur tête d’un énorme fagot de bois et des enfants sortis de ne je ne sais où ; il fait bon respirer, tout a l’air paisible, mais quand on s’approche des villages, ce sentiment n’est plus le même, les cris des nombreux enfants, les bêtes en liberté et le manque d’hygiène et de propreté enlèvent tout le charme précédent.
Voilà, je suis en Afrique et la terre ne s’arrêtera pas de tourner même si pour un grand nombre d’entre eux ils se sentent oubliés...
6e Voyage –
Mai 2009 - Juillet 2009
Dimanche 10/05/09
- Douze jours après mon arrivée pour ce 6ième séjour au Sénégal.
Contrairement aux deux voyages précédents, le travail que je fais au nom de l'association sera apparemment plus aisé; en effet je n'ai pas à gérer l'arrivée d'un nouveau conteneur....
Cette situation me permet de souffler un peu et de faire le point sur ce qui j'ai mis en place. Je consacre la majorité de mon temps à la scolarisation enfants et à l'enseignement professionnel en attendant la fin de l'année où nous remettrons le couvert....avec le troisième conteneur si nos moyens nous le permettent.
Le négatif depuis la création de l'AAD : L'échec du petit restaurant se confirme malheureusement et je déplore cet état de fait dans la mesure où le jeune couple se retrouve à nouveau en très grande difficulté pour survivre. En effet n'ayant pu payer le loyer imposé par le propriétaire du local, Ndiaye a fermé sa boutique et rejoint Thiès; le sénégalais ni plus ni moins, ne fait pas de cadeau et n'ayant pas pu tenir ses engagements Ndiaye et sa femme ont été mis à la porte trois semaines avant mon retour ; Je ne pense pas que ma présence aurait pu changer quelque chose malheureusement. Je tire une leçon de cet échec : aider certes la population mais en tenant compte: que cette aide profite à un plus grand nombre plutôt qu'à un cas isolé afin qu'une fois le dos tourné les personnes puissent continuer l'œuvre entreprise et en tirer profit ; c'est le cas pour l'enseignement privé ou professionnel.
Pour le coté positif :
- l'épicerie remplit son rôle et les puits, pompes ou poulies sont fonctionnelles...
- le petit local informatique (trois ordinateurs reliés à internet) tenu par une Sénégalaise à ouvert et fonctionne pour le plaisir de cette famille qui en tire un petit bénéfice et des jeunes qui viennent apprendre. (À titre indicatif ce complément de rémunération rapporte après déduction des frais d'électricité et de téléphone, de15 à 20.000frs environ tous les mois, soit 15 à 30€).
- à ce jour, sur les 16 enfants scolarisés l'éventail des notes trimestrielles vont de " l'excellent " " au passable " ; dans tous les cas, pas d'échec significatif d'après mon appréciation.
- Quand à l'école d'infirmières, l'aide matérielle apportée par le 2° conteneur a produit des effets significatifs des plus convoités ...Outre le travail de secrétariat et de comptabilité que nous avons créé afin de gérer l'école dans les meilleures conditions possibles, nous avons ouvert la salle d'informatique (12 ordinateurs). Ainsi j'ai eu le plaisir d'initier les élèves à la micro-informatique. Avec 6 heures de cours par semaine, l'ensemble des élèves de l'ISEM (Institut supérieur de l'enseignement paramédical) devrait se débrouiller dans le traitement de texte de Word et les feuilles de calculs d'Excel d'ici mon retour fin juin.
Autre bonne nouvelle, d'ici peu, le ministère de la Santé devrait autoriser l'ouverture d'un petit dispensaire qui complètera la formation des élèves. Le dossier sur lequel nous avons travaillé, le directeur de l'Ecole et moi-même, (il figure en partie sur le site de l'AAD) est à la signature du ministre après avoir franchi favorablement les étapes des services administratifs; le changement de gouvernement sénégalais de ces jours derniers nous retarde un peu mais ne doit pas avoir de conséquences néfastes à son aboutissement).
Ensuite , c'est une question de provisions et c'est évidemment le point faible ; nous ne perdons pourtant pas espoir pour la simple raison que les dépenses d'équipements du dispensaire seront réduites en grande partie du fait que j'ai en préparation le troisième conteneur dans lequel nous espérons mettre le nécessaire; Avant mon départ l'hôpital d'Avignon m'a fourni des lits médicalisés et divers objets tout comme l'hôpital de Montfavet. A mon retour j'en appellerai auprès de toutes les personnes désirant m'aider dans ce sens.
C'est dimanche et j'ai pris mon deuxième bain depuis mon arrivée en Afrique instant de détente et de plaisir...
Demain je reprendrai le vélo pour rejoindre Mbour, les écoles où à présent j'ai mes entrées et l'ISEM où je passe les trois quarts de ma journée; ce matin j'ai nettoyé le vélo et constaté que le sable fin n'arrange pas les roulements... ; il me faudra prévoir du rechange dans le prochain conteneur...
dimanche 17 mai 2009
La semaine fut autant chargée que les précédentes et j'ai apprécié ce jour de repos ;
Hier j'ai rendu visite à un village des alentours de Bambay connu sous le nom de Ngascop.il se situe à une cinquantaine de kms au sud/est de Thies.
Je devais rendre compte de la faisabilité d'un projet de moulin à mil qu'une école parisienne se propose de faire l'an prochain. La température dans cette région était hier très élevée (40 et plus sous les coups de midi) .Seule l'ombre des baobabs, permettait de se sentir un peu plus à l'aise. J'étais accompagné d'Abdoulaye qui connait bien cette région. Nous sommes tombés deux fois en panne ; bougies et câble d'embrayage ; on a roulé sans embrayage jusqu'à ce que l'on trouve un dépanneur qui faute de câble de rechange a soudé les deux bouts. La réparation a tenue jusqu' 'à Thiès.
A la nuit tombée, J'ai ensuite pris un Taxi brousse pour rejoindre Mbour. Je n'ai pas veillé très tard...sitôt arrivé...sitôt au lit...
Le village de Bambay est connu pour être le siège où s'était développé il y a plus de trente ans, l'INRA Sénégalais dans lequel plus de deux cents chercheurs travaillaient. Actuellement l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) ne compte que 50 personnes dans sa globalité ; c'est dire que l'impact de la recherche se réduit à sa plus simple expression.
La communauté catholique de Ngascop mentionnée dans le projet du moulin à mil, est située en brousse, à environ 8kms de la route nationale qui relie Thiès à Diourbel. En ces lieux, j'ai pu me rendre compte de l'environnement et rencontrer quelques personnes responsables du village. Les photos me serviront à compléter le compte rendu.
Quant à l'aboutissement de ce projet ce n'est pas moi qui en suis l'instigateur; j'apporte seulement une aide ponctuelle pour informer l'établissement parisien.
5ème voyage : Novembre 2008 - Janvier 2009
Dimanche 9 Nov. 2008,
Nouveau départ vers ce continent qui m'attire, malgré les obstacles qui m'y attendent...
Combien de temps ferai-je l'aller-retour vers l'Afrique? Cela dépendra de nombreux facteurs... tout simplement économiques... Je suis heureux de ce que j'ai entrepris depuis 24mois, avec l'aide de ceux qui m'ont soutenu dans cette démarche ;
un premier constat : mes actions humanitaires ne se poursuivront que si je suis soutenu financièrement ; autant je n'ai pas eu de soucis pour obtenir du matériel médicalisé ou autre. Autant les dons en espèces sont rares, dans tous les cas pas suffisants pour effectuer d'autres expéditions de conteneur...même la loterie des objets que j'avais ramené en juin n'a pas bien marché... 300€ tout au plus...or un conteneur coûte 3680€ de transport auquel on doit ajouter entre autre, le dédouanement et les pat chis...soit plus de 6000€.
Le vol jusqu'à Casablanca se déroule parfaitement. L'escale de cinq heures permet de me baigner dans l'ambiance africaine. Une majorité de personnes de couleur attendent comme moi le vol sur Dakar. Grâce à mon micro portable j'ouvre ce carnet de route dans l'immense salle de transit du nouvel aéroport de Casablanca baignée de soleil.
Je pense que dès le début de cette semaine, je m'attacherai en premier lieu à payer les frais de transport des enfants scolarisés que je n'ai pas effectué de France. Ensuite je rendrai visite à Abdoulaye pour lui parler du conteneur et de la marche à suivre pour le dédouanement, le transport et la distribution du matériel.
Aéroport de Dakar...23H30...Ils m'attendent envahis de joie à la sortie de l'aéroport, Manssour le taxi, Khadi et Pascal ; Ndiaye ne s'est pas déplacé à cause d'un malentendu (africain) ... Le trajet, accompagné d'un incident mécanique (chauffe du moteur, malgré la nuit...) est parsemé de nombreux arrêts pour charger des personnes qui attendent un taxi brousse au bord de la route. Cela contribuera à payer un peu le gasoil toujours aussi cher (655f le litre).
Enfin, à 2h30 du matin ils me déposent chez Chloé et Stéphan, mes amis belges qui me logent gracieusement jusqu'au 17 déc. date de leur arrivée. La case est sens dessus dessous mais je me trouve un drap et je sombre rapidement dans un sommeil récupérateur.
Le reste de la nuit passé, je me réveille dans une température printanière, bien différente de celle que j'ai quitté il y a moins de 24h.
Vers 13h00, je vais récupérer le VTT et la valise que j’avais laissés en instance chez un couple français, installé à Ngaparou. Je ne reconnais plus le gite, il n'est plus le même ; la végétation est luxuriante après l'hivernage. C'est d'autant plus agréable qu'une multitude
d'oiseaux ont pris possession des lieux. Il fait doux et l'accueil est chaleureux.
Sous l'immense anacardier, nous partageons le repas préparé par Anta, leur fatou, à qui je donne des vêtements pour Khadidiatou sa fille de la part de la marraine qui l'aide dans sa scolarisation, ainsi que les photos prises lors de mon dernier séjour.
Un taxi brousse me mène vers 17h à Mbour pour retrouver Fama et Ndiaye. Je suis heureux, comme eux, de les retrouver. Je suis agréablement surpris par l'étalage des produits qu'ils vendent, je suis par contre déçu de voir déjà à quel point leur local est en mauvais état après les pluies de septembre. Peinture délabrée et saleté évidente me laissent une impression de gâchis après tous les efforts que j'avais fait en juin dernier pour rendre ces lieux agréables et fonctionnels. De plus je vois que ce commerce est une fois encore mal parti. Devant le resto stationnent des épaves de camions qui bloquent la vue et ne favorisent pas son développement. Durant les deux heures passées avec eux seules deux personnes sont venus acheter deux bricoles pour moins de 100cfa...je suis triste pour eux mais j'essaie de ne pas le montrer.
La journée du lundi ne fut pas finie pour autant car je donne rdv à Abdoulaye que je souhaitais rencontrer rapidement. Nous parlons longuement du conteneur et nous prenons déjà quelques dispositions. Je sais à cet instant que ce ne sera pas facile, mais pas perdu pour autant, en ce qui concerne le financement du transport et de tout le reste... A minuit sur la terrasse de l'école nous échafaudons même des plans pour agrandir son établissement... Rentré en taxi brousse vers les 1h du matin je tombe de sommeil...sur le lit ....
Mercredi 12 nov. 2008
J'ai rencontré au collège de l'école Keur Madior Mariama, la secrétaire. Je dois y retourner pour payer les mensualités des 7 enfants scolarisés. Elle m'a rappelé son désir d'ouvrir des cours d'informatiques dans le local près de chez elle où à présent l'électricité est placée. Je pense lui fournir trois micro-ordinateurs si le conteneur arrive dans de bonnes conditions pour remplacer ceux que je lui avais donnés et qui ne fonctionnent pas.
Concernant Khady et Pascal que je retrouve dans leur case, la période fut une catastrophe et son affaire de vente de fripes ne fonctionne pas. La recette rembourse à peine la location du local.
Seule satisfaction est la rencontre avec François avec qui je pense nous aurons gagné le pari, celui de relancer son activité de jardinier. Mardi prochain je pars avec lui dans son village proche de Joal pour quelques jours.
Je rencontre Youssouf. Je lui donne les cadeaux d'Hélène, marraine de leur fille Fanta. Je lui demande d'attendre vendredi pour les lui donner afin que je sois avec eux. J'irai chercher Fanta à la sortie de l'école pour lui faire la surprise et partagerai le repas de midi ...
samedi 15 nov. 2008
Autant dire que la journée d'hier, vendredi, ne s'est pas passée comme je l'espérai. Le rendez- vous à la sortie de l'école pour récupérer Fanta fut un échec. Dans les faits je n'ai pas trouvé Fanta au milieu des centaines d'enfants, tous habillés de leur blouse bleue. Près de moi, une sexagénaire au moins..." blanche " embarque six enfants ... dans une vieille 103... " blanche "...de toute évidence en surcharge...
Rapidement je me rends à vélo chez Youssouf qui récupère Fanta. Tout c'est bien fini et
j'assiste à l'ouverture des cadeaux dans la joie de toute la famille.
Je prends des photos de ces instants heureux quand un coup de téléphone de Mansour dit " Jo le Taxi " m'apprends qu’une semi-remorque transportant du ciment a défoncé lors d'une manœuvre notre camionnette en stationnement... C'est dire les conséquences désastreuses que cela va entrainer pour la distribution des colis du conteneur...je dois donc partir aussitôt ... en vélo... après avoir englouti le Yassa poulet que Astou avait préparé. Trois quart d'heure en VTT sous le soleil encore brûlant et j'arrive en sueur sur les lieux de l'accident. Après une longue concertation avec les antagonistes, je dois me rendre à l'évidence: si je veux espérer une indemnisation de l'assurance, il me faut un constat soit de police soit d'huissier que je dois payer 30000cfa ...ensuite faire un devis, réparer le véhicule à mes frais et attendre de longs mois pour me faire rembourser par l'assurance...
Vers 19h00 on remorque la camionnette vers le mécano ou du moins celui qui se prétend l'être...
Dimanche 16 nov 2008
Sitôt lever, sitôt dans le bain. Je pars au rdv de " JO le taxi " pour évaluer les dégâts de l'accident.
Avec un devis de 900.000frs établi par le mécano, quelle somme l'assurance me remboursera- t-elle ? En attendant je décide de commencer les réparations. J'espère récupérer le véhicule avant l'arrivée du conteneur. Je verse un acompte de 100.000f...
Pas très loin de là, vit la famille de Boubacar ; je profite pour leur dire bonjour et je rencontre la jeune fille qui m'a servi d'intermédiaire pour régler la scolarité de Boubacar avant mon retour. Ce dernier est ravi d'être scolarisé.
La surprise est grande de croiser à Mbour, Xavier et Marie, des amis Montpelliérains, alors que je me rendais chez l'huissier pour déposer les photos du véhicule accidenté et compléter le dossier...Nous partageons un thieboudienne chez la famille LÔ scolarisé par l'AAD.
Je me rends ensuite chez Ndiaye. J'analyse son livre de compte et constate une fois de plus les difficultés qu'il rencontre pour développer son entreprise. Je doute un peu sur le résultat à moyen terme...tellement son chiffre d'affaire est insuffisant. Les 15 derniers jours font apparaître un solde positif de 20000 frs seulement. Or le loyer à lui seul leur coute 80.000frs... Je finis ma journée en visitant la famille d'Aïda pour me rendre compte de son travail scolaire. C'est encourageant compte tenu du milieu des plus modestes dont elle est issue.
Enfin je vois Youssouf à qui j'avais donné rdv pour lui procurer l'artémesia annua et quelques remèdes, car Fatou la petite sœur de Fanta est fiévreuse et elle peut être atteinte du paludisme d'après sa maman...
Mardi 18 nov. 2008
Je quitte Saly vers 8h00 pour la gare routière de Mbour et y prendre le taxi collectif (R21 des années 80 rempli de 7 personnes + chauffeur.) en direction de Joal. La brousse a changé d'apparence après l'hivernage. De hautes herbes, à présent presque sèches, envahissent la campagne. C'est pour l'instant l'abondance pour les bêtes à cornes qui broutent.
François Ndiaye me rejoint à Joal et nous reprenons la route vers NDianda après avoir chargé une pompe à pieds et acheté du poisson pour le repas de midi. Le village m'accueille avec toujours autant d'enthousiasme et nous filons vers le " jardin " après avoir partagé le thé avec
sa belle-famille. Arrivé sur les lieux, J'ai une bonne impression pour l'ensemble du travail réalisé même si les pluies ont éboulé deux des quatre puits qu'il faut rebâtir. Dans un espace de 100m2 environ les semis d'oignons sont prêts à être repiqués. J'estime l'ensemble du semis à 15000 à 20000 pieds.
Avec François nous évaluons le coût en main d'œuvre et nourriture des trois personnes qui vont désormais vivre et travailler sur place pendant cette période. (100.000frs environ). Nous prenons également des dispositions pour recreuser les puits effondrés et les cimenter ainsi que la construction de bassins de rétention pour faciliter l'arrosage.
Il fait chaud sous l'arbre et malgré la température élevée de l'eau que je transporte avec moi je me délecte avidement.
Le calme de cette brousse, entrecoupé par les chants d'oiseaux me fait priser cette nature sauvage. Je partage un autre thé avec un des gardiens. Je pense alors qu'une des tentes de toile qui se trouve dans le conteneur sera implantée ici pour faire abris.
Vers les 15H nous partageons le repas. Alors que j'attends le passage d'une voiture pour rentrer à la case, c'est dans celle d'un " curé " connu de François qui s'arrête pour me ramener à Joal, lieu de correspondance. Je rappelle que cette région est la seule du Sénégal qui pratique la religion catholique et représente 7 à 8% de la population. Le reste de la population est musulman.
Mercredi 19 nov.2008
Jour après jour, je reconduis mes démarches envers l'huissier, l'assureur et le directeur de l'IESM. La progression est très lente, au rythme africain...
Vendredi 21 nov.2008
D'un haut- parleur nasillard l'Imam appelle à la prière alors que je me trouve sur le toit terrasse de l'IESM. Il est 14h. Il fait très chaud à cette heure. Demain je rencontre un gradé de la gendarmerie avec Abdoulaye Directeur de l'IESM. Dans les faits, je m'entoure de personnes influentes pour m'aider dans mes démarches de dédouanements. Ce gendarme dirige le port de pêche de Dakar...il fait partie désormais de ceux qui peuvent m'aider...
Samedi 22 nov.2008
Rdv avec le jeune Boubacar devant l'hôtel de ville de Mbour pour lui procurer un livre de français, d'anglais, de dessin et de musique. Il suit les cours de 6°du collège de Keur Madior de Mbour. Après marchandage avec le " libraire de rue " j'achète l'ensemble pour 6800frs. (Prix de départ 11000frs).
Ensuite c'est l'attente chez l'huissier chez qui je me rends avec Mansour le chauffeur du trafic. Assis face au secrétaire j'assiste passivement à la mise en page du rapport. L'ordinateur n'est certes pas de la première génération et donc pas des plus rapides mais la frappe sur le clavier est quant à elle, très lente... Enfin, une heure plus tard, j'ai les papiers que je dépose chez l'assureur... la suite ne dépends plus de moi, c'est pourquoi j'insiste courtoisement pour que le remboursement ne s'éternise pas... In Shahla...un mois, deux mois et plus... sans aucun
doute...
A 14H, après ma rencontre avec le gendarme (presque à l'heure fixée) et Abdoulaye le Directeur mon plus que Frère, comme il a coutume de dire, je partage le repas de riz et de poissons. J'apprécie nos échanges qui m'apprennent plus que tout ...sur l'Afrique en général et le Sénégal en particulier
Je n'oublie pas cependant Adgi et sa famille qui m'ont convié à une fête de famille. La tradition veut qu'une fois par an la famille se réunisse pour célébrer les morts et les vivants...avec sono, chants et repas... J'ai une pensée pour Claude et Chantal d'Orléans qui parrainent cet enfant.
Je reçois deux informations importantes ; le conteneur accostera vers le 3 décembre et les papiers du transitaire demain 25 nov.par chrono poste à NGaparou ou je dispose de la Boite Postale d'un ami français...
La suite va être prenante je n'en doute pas ...
Trois allers et retours de NGaparou à Mbour ont été nécessaires pour récupérer l'enveloppe précieuse en provenance du transitaire français. A présent les démarches commencent réellement. Dans quelques jours ou voire quelques semaines nous en serons davantage...mais l'attente sera sûrement longue.
Mercredi 03 déc 2008
Pour récupérer le conteneur, la Tabasqui, fête nationale par excellence pour les musulmans, s'avère être un obstacle à son déroulement. Je ne l'avais pas prévu, les conséquences seront grandes car le temps s'arrête ...pour cette célébration traditionnelle. Ce qui compte avant tout, c'est l'acquisition du mouton au prix de gros sacrifices. 60 à 70.000frs suivant la bête, ce qui représente le salaire mensuel d'un ouvrier... La fête est fixée au mardi 9, mais en réalité depuis samedi et jusqu'au jeudi suivant plus rien ne marche normalement si ce n'est le petit commerce et les taxis brousses ou collectifs remplis d'hommes et de femmes. Ils partent rejoindre leur famille, le mouton sur le toit...
Devant cette inertie passagère, je m'intéresse avec beaucoup d'intérêt au fonctionnement de l'école d'infirmiers (es) et je passe une grande partie de la journée avec le Directeur et ses adjoints. Non seulement nous parlons de ce conteneur, nous multiplions les appels et les rencontres avec les personnes qui doivent nous aider à le sortir du port de Dakar, mais nous dialoguons beaucoup de tout en général. J'apprends une multitude de choses avec Abdoulaye ; l'Afrique, le Sénégal et les Sénégalais. Les multiples facettes africaines jusqu'alors dissimulées se dévoilent petit à petit. De dix ans mon cadet cet homme manie la langue française avec intelligence et les réponses à mes questions entraînent autant de questions si bien que le temps n'a plus d'importance. Seul l'estomac nous rappelle à la réalité et le repas partagé est englouti avec rapidité même s'il est quasi équivalant à celui de la veille.
Les élèves infirmiers (es) sont soumis aux aléas des journées sénégalaises, le transport, le logement, le quotidien sans argent ou presque et malgré cela, toujours le sourire, le " Male Cum Salam " et le téléphone portable à la main pour ne pas montrer ces insuffisances...mais pour paraître comme tout le monde...équipé du fil qui relie les hommes...
L'enseignant de l'ISEM de MBour (Institut Supérieur d'Etudes Paramédicales) est docteur, infirmier d'état, ou pharmacien. Pour ce que je perçois ou que je lis sur les cahiers de notes des élèves je n'ai pas assez de références personnelles pour porter un jugement ou une appréciation sur le niveau des cours. Par contre je me rends compte du travail et des efforts des enseignants et des élèves qui ne disposent pas du matériel pédagogique nécessaire et indispensable à ce type d'enseignement.
Deux niveaux d'instruction : le premier intéresse les bacheliers ou ceux qui ont été en terminale ou en première. Ils peuvent prétendent à un diplôme d'état après examen. Le second concerne les élèves ayant le niveau de 3°ou l'équivalent du BEPC ; ils pourront obtenir un diplôme d'aide infirmier. Les cours sont entrecoupés de stages dans les hôpitaux ou cliniques pour la pratique. Difficile de dire quel enseignement ces élèves en retirent quand ont voit l'état des hôpitaux ou dispensaires...Pour m'en être rendu compte, l'hygiène et la propreté n'est pas la priorité des sénégalais...même si, en général et surtout le vendredi, jour de prières des musulmans, les Sénégalais paraissent des plus soignés... A la campagne comme à la ville, la saleté transpire de toute part... Les Villes telles que Mbour, Kaolack, Rufisque ou Thiès que je parcours fréquemment ressemblent plus à une poubelle qu'à une cité digne de ce nom. Tout ce qui gêne est jeté à même le sol sans précaution pas davantage d'ailleurs pour se moucher ou cracher ...
5 décembre.
14h de l'après-midi, la batteuse à mil, entraînée par un moteur deux temps pétaradant et fumant toute son huile, s'arrête enfin et laisse place au bruit familier de la nature. Depuis l'aube elle tournait sans cesse. La poussière des grains battus est balayée par la brise et les hommes jusqu'alors cagoulés pour s'en protéger, se désaltèrent avidement avec l'eau du bidon plastique.
Une heure de silence pour s'alimenter d'un frugal riz blanc au poisson et fermer les yeux en guise de sieste sous un immense baobab mort depuis longtemps. Je partage le repas avec François qui m'a convié à la première récolte de son champ de Mil. 180 gerbes au total représentant une tonne et demi de graines de mil. De quoi nourrir la famille nombreuse et en vendre pour la récolte prochaine. Je mesure l'écart qui sépare nos civilisations. Un siècle voire plus de retard mais l'ingéniosité des africains fait le reste. J'en ai pour preuve lorsque, après le repas, malgré de multiples efforts le moteur refuse de redémarrer, Qu'à cela ne tienne, le moteur est entièrement démonté. Les segments ne font plus offices et la bielle a un tel jeu qu'il est nécessaire de trouver les bagues pour une réparation efficace. Un allé retour à Joal distant d'une dizaine de kilomètres et trois heures d'intervention suffisent pour entendre à nouveau le moteur tourner. Un véritable exploit quand on voit comment la réparation fut réalisée...
Sur le terrain sablonneux semé de coquillages et parsemé de tamarins, les gerbes de mil de toute la région de Joal sont entreposées en attendant la batteuse. Deux bons mois de travail seront nécessaires pour accomplir cette tâche. Principale activité de ces agriculteurs, ils attendront l'hivernage prochain pour travailler à nouveau cette terre où rien d'autre ne pousse par manque d'eau et de moyen. Cette eau n’est pourtant pas des plus profondes mais faut-il encore avoir le courage de creuser les puits qui se referment dès que la saison des pluies arrive. Manque de moyens suremment, manque de volonté peut-être, dans tous les cas actuellement les surfaces cultivées ou cultivables ne sont pas suffisantes pour nourrir la population.
Je repars avant que le soleil ne se couche. J'ai dans le meilleur des cas, deux heures de trajet...Malgré la panne mécanique, la journée fut bonne et François est satisfait de sa récolte...n'est-ce pas là l'essentiel...
Le même jour à 22H, l'assureur du Renault trafic m'appelle. Il faut une fois encore me rendre à l'évidence, le Sénégal n'a pas fini de me surprendre et j'ai le sentiment de ne pas être arrivé au bout de mes surprises. Il m'apprend que les photos numérisées prises lors de l'accident ne sont pas conformes et que je dois lui fournir un croquis de l'huissier... Concrètement, en lisant entre les mots, je comprends qu'il se passera beaucoup de temps avant d'être remboursé, si je dois l'être un jour...Ce contre-temps doit me faire réfléchir sur la conduite à tenir avant l'arrivée du conteneur et la distribution du matériel et des colis...car je ne dispose plus du Trafic...
Mardi 9 déc 2008
J'ai enfin trouvé un taxi disposé à me conduire à Thiès pour passer la journée de la Tabasqui chez Aboulaye. Une petite heure de route, une crevaison et je retrouve Thiès dans l'effervescence, en pleine préparation de la Tabasqui.
Abdou, comme j'ai coutume à présent de l'appeler, a deux épouses qui vivent dans deux maisons distantes d'un km environ. Nous rendons visite aux deux femmes. Ensuite j'assiste assis sous le manguier au sacrifice des quatre moutons nécessaires à nourrir toute la famille réunie à cette occasion. Alors que nous parlons à bâton rompu Abdou et moi, la Maman, les frères et sœurs, demi-frères, épouses et enfants, cousins et j'en passe s'affairent à la préparation de ce repas, Egorgé, dépecé, coupé en morceau, le mouton est cuit sur la braise pour les côtelettes ou dans la marmite chauffée au bois tandis que dans un coin de la cour deux garçons nettoient les tripes et les enroulent pour en constituer une sorte de tortillas. Les voisins, Hommes, font la tournée des maisons en signes de pardon et récitent les salamalecs d'usages. Dans les faits ce repas occupe la famille une grande partie de la journée et ce n'est que vers 17h00 après que chacun ait mangé sa part de mouton que les hommes et les femmes se revêtent des nouveaux boubous flambant neufs pour se promener ou rendre visite aux amis. La lumière fait défaut et la nuit tombe rapidement et je ne perçois pas toutes ces tenues hautes en couleurs.
Même accoutumé à présent au transport de nuit en taxi de brousse, le voyage retour m'impressionne. La vitesse est vraiment excessive pour ces véhicules agonisants... Vers 22 heures je retrouve avec bonheur la case de Saly.
Jeudi 18 déc 2008
Malheureusement je suis toujours sans conteneur et le temps passe...Les difficultés résident dans l'obtention du certificat d'exonération de la douane que le ministère des finances devrait me fournir. Les contacts multiples n'ont pas abouti mais je reste confiant ...car j'ai appris par téléphone qu'un avis favorable avait été prononcé. J'espère que ce n'est pas un poisson d'avril...
Malgré cela, je n'abandonne pas et je poursuis ma route comme je l'ai tracée. Une bonne santé m'accompagne dans mes efforts; n'est ce pas l'essentiel ?
Le 3 janvier 2009 sera le jour tant attendu ; le conteneur franchi les derniers hectomètres de la piste pour son déchargement. C'est un grand pas qui vient d'être franchi. On en oublie toutes les tracasseries et les pertes de temps...le temps est à présent à la distribution....
4e Voyage
Mai 2008 - Juin 2008
Mercredi 14 mai
La journée va peut-être m'apporter la bonne nouvelle et savoir enfin si le conteneur est arrivé à bon port. C'est ce que j'espère car rien n'est moins sûr ...sur le sol africain...
Cela fait deux semaines que je suis déjà arrivé et cependant je n'ai pas vu le temps passer.
Je me suis rendu déjà deux fois dans les petits villages où à présent ils ont l'habitude de me voir et j'ai pu ainsi soigner des plaies infectées et soulager les yeux des enfants et adultes avec un désinfectant ophtalmique que j'avais ramené de France sur le conseil d'un médecin.
Je m'occupe également de résoudre les soucis de N'Diaye et de son petit resto qui ne marche pas du tout comme il l'avait prévu. L'emplacement tout d'abord mais aussi la crise que traverse le pays sont certainement les raisons de l'échec. Le riz a pris 35% et le prix du repas est le même (600cfa moins d'un euro).
Alors que faire : soit on ferme, soit on déménage dans un endroit plus fréquenté qu'à Saly-Tapé et qui peut mieux fonctionner. Dans le premier cas la famille est au chômage et à nouveau à la rue puisque elle n'a aucun moyen de se payer les 23.000cfa/mois de la chambre qu'elle loue. La décision est prise ensemble et c'est dans un quartier de Mbour que nous décidons d'implanter une nouvelle structure. Le local trouvé assez rapidement est suffisant pour non seulement faire la restauration mais également pour y dormir sur place. Je négocie la remise en état des lieux qui servait d'entrepôts à foin. Peinture, eau et électricité sont les seuls investissements puisque tout le matériel a été déjà acheté. Je pense sincèrement que cette nouvelle chance peut être salutaire pour NDiaye et sa famille. Je la tente même si cela grève un peu plus le budget que je m'étais fixé.
La confirmation de l'arrivée du conteneur au port de Dakar vient de me parvenir et dès demain matin je pars pour entamer les démarches...
Jeudi 15 mai:
Départ 7h00, la route est relativement facile jusqu'à Rufisque, puis, ce sont les embouteillages quotidiens qui commencent. Nous atteignons le port à 11H30 les poumons bien remplis de gaz carbonique...
Six heures pas une de moins pour négocier avec le transitaire que l'on m'avait indiqué, le déchargement et le transport du conteneur vers Mbour. Coût 500€ environ pour l'ensemble Mais les affaires ne sont pas finies, car je n'ai pas obtenu pour autant le bon de sortie de la Douane.
Conseillé par un agent des douanes je me rends au ministère des finances pour obtenir l'exonération des taxes douanières puisque je travaille dans le cadre d'une association humanitaire. Si je n'obtiens pas ce certificat je ne pense pas pouvoir financer le prix du dédouanement qui peut aller jusqu'à 3000€.+ Les pat chis. Je n'hésite donc pas de m'y rendre.
Ma tenue vestimentaire, en teeshirt et short, ne m'autorise pas de franchir les portes du ministère. Je peux cependant faire parvenir une lettre que je suis allé taper rapidement sur un microordinateur d'un cyber. J'ai, après quelques heures... d'attente... la confirmation officielle qu'une réponse me parviendra. J'espère l'obtenir dans les 72h à venir car le conteneur doit être libéré 10 jours après son arrivée au port, (24 mai maximum) faute de quoi la taxe de séjour sera appliquée (10€/j pendant 8 j puis 15€/j et ainsi de suite....).
Je passe sur certaines péripéties de cette longue journée qui remplirait un feuilleton, mais une d'entre elle mérite que je la cite :
Dans tous les va- et- vient que j'effectue dans Dakar je m'avise soudain que j'ai oublié sur le comptoir d'une photocopieuse de rue (car elle est en pleine rue) toute ma chemise contenant l'ensemble du dossier conteneur. Donc je n'ai plus rien avec moi pour justifier mes démarches et je perds tout ce qui constituait deux mois de travail c'est à dire le conteneur. Furieux je laisse éclater un gros mot digne de ce nom...et je descends du taxi car il était impossible de retourner dans la rue en sens unique. J'en oublie même de payer le chauffeur qui me traite de tous les noms d'oiseaux en "wolof",... pour courir vers cette photocopieuse distante de cinq à six cent mètres...
Arrivé près du but mais essoufflé... je perçois le sourire moqueur du préposé qui l'avait mise à l'abri et qui me la tend ... Après cette frayeur je peux m'attendre à tout...et même à poursuivre jusqu'à des heures indues, mes démarches.
En effet à 22heures je règle à une compagnie Saoudienne les dernières factures indispensables au déchargement du conteneur...En échange des barils de pétrole m'a-t-on dit " Doubaï " a le monopole du port de Dakar et c'est avec eux que l'on traite le débarquement. Il n'y a plus de trace de compagnie française sur le port de Dakar....
La journée se termine vers de 1h30 du matin quand je rejoins mon lit...après un retour en brousse tout aussi encombré par une foule de gens, de taxi brousse, de vendeurs à la sauvette qui proposent de tout sur la route même à minuit passé ; quand je dis de tout, c'est vraiment de tout...j'ai pu ainsi mangé un chawarma à je ne sais quoi , des bananes et des noix d'acajou en apéritif...j'aurai pu acheter des vêtements de tous genres, des cartes de téléphones, des fruits , des montres de grandes marques évidemment...des œufs plus ou moins frais car la journée fut très chaude...sans parler que j'aurai pu donner une pièce à des centaines d'enfants ou d'adultes en quête d'un franc salvateur ...mais que faire devant tant de
misère...une fois que l'on à épuisé les pièces de monnaie disponibles. La route est encore longue avant de pouvoir obtenir ce conteneur et je dois rester vigilant si je veux poursuivre encore le chemin ensemble...
17 mai 2018
je n'ai toujours aucune autre nouvelle des douaniers et c'est normal puisque le samedi et le dimanche sont jours fériés comme en France ; aussi attendons lundi et peut être un jour de chance...
Demain je rencontre un jeune couple originaire de Toulouse et qui ont découvert l'AAD à travers internet. Ils m'invitent à leur table ; mon mouvement les a séduit et sensibilisé. Cela compense les manières désobligeantes à mon égard de " Toubabs fortunés " qui s'ennuient dans leur retraite dorée et qui passent le temps dans leur case super protégée à parler des autres. Ils cherchent entre autre chose et par tous les moyens, à savoir si je ne m'en mets pas plein les poches avec l'association que j'ai mise en place... (L’Afrique est grande mais ce monde-là est bien petit...et si bas...que je ne trouve pas les mots pour les qualifier. Pour tout vous dire, ils ne connaissent même pas la brousse et les villages qui les entourent. Seul compte l'arrosage des pelouses et leur piscine et ils ferment leurs yeux pour ne pas voir les milliers de femmes qui puissent tous les jours l'eau par 12 mètres de fonds pour la transporter ensuite sur des centaines de mètres jusqu'à leur case pitoyable. ..
Je vous dis à bientôt pour d'autres nouvelles
Vendredi 23 mai
Le jour de mon anniversaire fut bien ce jour tant attendu...en effet la journée débute par un coup de fil du transitaire ; le conteneur doit me parvenir...avant la nuit.
L'attente fut cependant des plus longues et lorsqu'à 17h00 il me confirme sa sortie du port de Dakar, je suis confiant. Cependant peu de temps après, un nouvel appel me laisse à penser que tout n'est pas définitivement réglé avec les douaniers parasites..., ceux qui suivent l'acheminement jusqu'au point de livraison. Ils vont tenter à me prélever une fois encore soit de l'argent soit du matériel.
Vers 20h30, avec l'équipe que j'ai constituée pour le déchargement, (cinq personnes) j'attends au carrefour de Mbour et de Saly pour guider le camion jusqu'à destination. A son passage je saute dans la cabine, un Dodge monstrueux fumant et pétaradant à souhait qui avait dû servir au temps de la colonisation. Cependant j'ai bien derrière moi " Le Conteneur " que j'avais rempli à Avignon avec mes amis. J'éprouve un instant de fierté... et je suis heureux. J'en oublierai presque toutes les tracasseries et la fatigue des quinze derniers jours...
Mais, arrivé à destination, je constate que malgré leurs promesses, le conteneur a été ouvert à mon insu. Evidement le douanier qui l'accompagne me certifie mordicus que le plombage est d'origine...
Le désordre à l'intérieur est tel que j'en éprouve un sentiment de colère. ils (les douaniers) se sont servis sans délicatesse. Je peste mais je n'ai plus aucun recours ; ils me tiennent toujours à cause des vélos qui n'auraient jamais dû être là ...
La deuxième surprise est qu'une autre équipe de douaniers et d'indics (ils vont de
pairs) attendent leur part du gâteau... ils me réclament à nouveau de l'argent sinon je serai passible de taxe supplémentaire car la liste du conteneur n'est pas conforme...affirment t-ils. Ils me sortent un papier vrai ou faux et me font comprendre la suite par geste ... C'est toujours le même discours bien rodé qu'ils utilisent...et je suis contraint de m'exécuter.
Je suis conscient que ce type de comportement a toujours existé mais quand on est concerné en premier chef il est très difficile de l'accepter. La corruption n'a pas de limite et se pratique sous toutes ses formes dans le monde entier que ce soit dans les pays développés ou dans les pays pauvres mais que faire...si ce n'est de poursuivre malgré tout du moment que l'honnêteté n'est plus de mise...
Résultat des 22 vélos expédiés, je n'en compte que 18 sans parler des Unités centrales, écrans et paquets divers... Cependant il y a de quoi faire avec tout ce qui reste et la suite me donne raison car le travail pour distribuer est démesuré et je sens bien que je ne pourrai pas tout accomplir avant mon retour en France. Vers une heure du matin lorsque tout fut déchargé à la lueur de ma frontale pour toute source de lumière, nous trouvons un instant pour porter un toast à ce conteneur et à mon anniversaire ; ce fut un moment que je n'oublierai jamais...
Avec l'équipe je passe les journées de samedi et de dimanche à ranger, trier (7h00 à 19h00) avec une courte pause pour prendre le repas assis par terre autour d'un plat de riz et de poisson...et lorsque je rentre à vélo pour rejoindre ma case de Saly je pense que je me suis lancé dans une drôle d'aventure dont je suis loin encore d'en connaître la fin...
Ce fut le même programme toute la semaine, lever très tôt, couché à point d'heure, trier, distribuer, ranger à nouveau car le sénégalais n'a aucun sens du rangement et le merdier prend vite le dessus...;
Je suis de plus en plus sollicité mais grâce à l'intervention des personnes avec qui je travaille tout ce passe bien. Le bilan de ces premiers jours est encourageant et le plaisir de partager ces instants compense largement les efforts consentis. Nombreux sont ceux qui chantent en signe de remerciement des paroles improvisées où je perçois le nom de " ZO, ZO " à plusieurs reprise.
Les deux couples que j'ai embauchés remplissent parfaitement leur rôle. Je dois cependant faire attention au vocabulaire car le résultat de la conversation n'est pas parfois celui que je croyais. La signification des mots utilisés n'est pas la même pour eux qui parle un français peu académique.
Après ces huit premiers jours d'intense activité, je m'accorde le repos du dimanche et j'en profite pour vous écrire ces dernières nouvelles.
D'ici trois semaines avant mon retour, j'ai encore beaucoup à faire et cela ne me laisse pas trop de temps pour me " bronzer ", dommage, la température élevée de l'air comme de l'eau permettrait d'en profiter et de me détendre ...
Une autre fois je l'espère, lorsque j'aurai réparé et remonté la pompe avec le matériel importé d'Orléans (Merci Claude et Chantal), visité les cinq établissements scolaires pour donner les livres et cahiers, inscrit pour l'année 2008/2009 les 14 enfants scolarisés par l'AAD, déménagé le petit resto de NDiaye à Mbour (les travaux sont presque finis), réparé le petit motoculteur destiné à François à Joal,... etc... etc...
Et dire que je connais des retraités qui s'ennuient...
CARNET DE ROUTE
1,2 & 3EME VOYAGE - OCTOBRE 2006 - MARS 2008 Prenez s'il vous plait, le temps de me lire .
Cela ne vous prendra qu'un court instant de votre vie...
A ce jour, du printemps 2008 j'ai passé plus d'une année (en mois cumulés) auprès des Sénégalais.
En quelques phrases, je souhaite vous exprimer le fond de ma pensée qui en résulte:
Malgré les apparences, une très grande majorité de Sénégalais vit très mal et les maux les accablent, car ils sont incapables de changer de comportement. Ils vous diront que tout va bien alors qu'ils sont au bord du gouffre, accablés par leur destin...
Partout dans les familles, sur les chemins de la brousse, dans les villages et les villes, chacun cultive sa propre superstition, chacun cherche les moyens de se sortir de la misère mais ne fait rien pour changer d'attitude. Ils accordent beaucoup trop d'importance à la parole de leur Dieu, mais ne pratiquent que pour se préserver de la malédiction divine...
Les rites, les traditions et les Inch'Allah (si Dieu le veut) anéantissent toute transformation ou rénovation de leur esprit et par voie de conséquence étouffent et ruinent leur quotidien.
Ils ont le potentiel culturel pour tenter une autre forme d'existence mais sont trop empêtrés dans leur coutume pour entreprendre une autre forme de société. Ils caricaturent et reproduisent alors qu'ils devraient créer...
Rien de plus absurde en ce qui les concernent, que de poursuivre sur cette voie, que d'écouter ces " guides " de la foi alors qu'il serait plus utile d' arborer de nouvelles règles sociales pour modifier en profondeur les règles économiques... tout en préservant sa propre foi...
Particulièrement évident dans les campagnes où la tradition est encore plus encrée, la place de la femme en Afrique demeure un sujet préoccupant. Parmi les difficultés, la polygamie provoque des effets dramatiques en termes de moyen pour l'homme qui devra assurer les dépenses de leurs familles composées...mais qui ne peut pas y faire face ...
Évidemment, trop soucieux de se maintenir à la tête de l'Etat et de perdre le pouvoir s'ils en changeaient les règles, les politiques et les financiers, font tout pour entretenir ce traditionalisme et conservatisme dont il est aisé de mesurer les conséquences...
...Ils ont la terre et l'eau mais ne s'en servent pas. A l'image des pays industrialisés une majorité de sénégalais préfère s'agglutiner dans les cités pour puiser le quotidien sans penser
au lendemain. Beaucoup d'entre eux aspirent à quitter leur pays au risque de périr... puisqu'il n'y a pas d'autre alternative disent-ils, autant tenter l'aventure du clandestin...
(OCT 2006 - MARS 2008)
L'envol pour le troisième séjour au Sénégal s’effectue sans encombre. Je quitte la France avec un pincement au cœur car la séparation avec ceux que j’aime sera de trois mois environ. Cependant compte tenu de tous les projets en tête, j'éprouve un brin de joie intérieure. L'escale à Casablanca est de 5heures. Je profite de tout ce temps libre pour commencer mon carnet de route.
Après un bon voyage je me repose enfin en terre africaine à trois heures du matin (heure française).
La rencontre avec N'Diaye et sa femme est des plus chaleureuse. Je fais la connaissance de son jeune frère qui les a rejoints pour veiller la nuit sur le resto. Les vols par effraction sont fréquents, surtout si l'on a faim...et que les poches sont vides....
A présent j'occupe en grande partie ma journée dans le petit " resto "que nous avons créé voici 6 mois. Mon absence lors de sa mise en route fut préjudiciable me semble-t-il mais pas dramatique; pour ranger les ustensiles de cuisine et les réserves, je fabrique des étagères. Je dois m'armer de patience pour trouver le bois nécessaire à l'équipement, pour le scier et l'adapter à des murs de terre tendre...car les outils font défaut ou des plus usagers... mais dans l' ensemble le résultat est satisfaisant... à la mode africaine...
Je m'efforce surtout de rendre les lieux plus hygiéniques. Je ne souhaite rien imposer au jeune couple qui en assure la gestion mais je leur montre ce qui me semble être le minimum pour maintenir les lieux propres. Tout est difficile à se procurer et je suis en vadrouille pour trouver ce dont ils ont besoin ; c'est très cher, que ce soit les produits de base ou le matériel.
Je mange midi et soir au " petit resto " de Ndiaye pour 600F cfa (moins de 1€). Il sert en moyenne une vingtaine de portions sur place ou à emporter. A ce prix comment va-t-il ‘il joindre les deux bouts ? Je lui ouvre un cahier de comptabilité pour établir à la fin de chaque mois un bilan.
NDiaye est de confession musulmane, c'est pourquoi il ne sert pas d'alcool mais des boissons sucrées ou du café Touba.(50F cfa la tasse).
Je croise sur ma route des personnes qui me reconnaissent depuis mon dernier séjour et c'est un grand moment de plaisir partagé. Je rends visite à deux familles dont l'enfant est parrainé par un membre de l'association. Un des papas est décorateur sur bois.
Ce qu'il fait, avec presque rien, est étonnant. Il décore les portes, les contours des glaces etc... avec de la sciure de bois et la colle à bois ; il compose également des tableaux en relief... il ponce et cire ces objets avec du cirage de couleur. C'est très beau. Je pense ramener en France quelques-uns de ces objets pour les vendre et lui procurer ainsi un peu d'outillage et pourquoi pas une ponceuse qui lui rendrait un grand service. Marié et père de trois enfants, il vit à
Mbour.
Les deux machines à coudre que j'avais embarquées sont bien arrivées et font déjà office.
Je trouve un vélo neuf " made in chine " pour 60€. Il fera tout juste la campagne 2007/2008, sa solidité n'est pas à toutes épreuves. Je m'en sers quotidiennement. C'est très pratique pour se déplacer à condition de rester sur la terre ferme car sur les pistes de sable, bonjour les mollets...
Quant à la nourriture je continue de manger l'assiette de riz blanc aux oignons et piments accompagné d’un poisson grillé ou poêlé. J'achète aussi des mangues, des bananes et des pastèques. La viande est par contre dure, à moins d'acheter le filet de zébu (10€ le kg). Pour les sénégalais la vie a augmenté depuis les dernières élections, beaucoup d'entre eux me disent ne faire qu'un repas par jour.
Hier dimanche, j'ai rencontré les villageois de Keur Gondé (250 personnes environ) pour remettre l'unique pompe en état de marche. Elle devrait être opérationnelle d'ici la fin de cette semaine. Mercredi prochain je rendrai visite à un autre village pour envisager la création d'une mini-épicerie avec une réserve de riz, d'huile, de bougies etc (il n'y a pas d'électricité dans ce village éloigné de 3 kms environ de la route principale) et les femmes font de multiples aller-retour pour acheter l'indispensable pour nourrir la famille. Je rencontre des français qui résident au Sénégal. Ils décident d’adhérer à l'association et sont prêts à me donner un coup de main. Ils possèdent un véhicule qui me permettra à l'occasion de me déplacer plus facilement.
Je me repose en début d'après-midi, la température est très élevée et encore assez humide. La nuit, je dors assez bien, malgré des moustiques baladeurs qui fredonnent à mes tympans et qui passent je ne sais comment à travers la moustiquaire pour me piquer. J'abandonne cependant le traitement antipalud.
...le temps défile très rapidement depuis mon arrivée au Sénégal voici quatre semaines. Il faut dire que je me donne la peine de favoriser la course contre la montre...
J'ai tellement le désir de concrétiser l'ensemble des projets que je m'empresse de contacter et de rencontrer les différents antagonistes pour aboutir à la mise en œuvre du puits et la pose des pompes.
La visite aux familles et des enfants dans les écoles se poursuit, mais force est de constater, que rien n'est simple en Afrique noire . Je dois en permanence me souvenir que je n'ai ni la même culture ni la même conception de la vie des hommes et des femmes que je croise. Je m'adapte et j'apprends tous les jours à mieux les connaître et à cerner nos différences pour éviter de décevoir et d'être déçu en retour. C'est tout de même passionnant et je poursuis volontiers cette nouvelle aventure dans ce monde de misère et d'oubli...
Fidèle aux engagements pris avec le village de Keur Gondé je remplace la pompe du puits, trop onéreuse pour la réparer. L'acquisition d'une pompe à main très rudimentaire
pour nous européens mais pratique et efficace pour les africaines (seules à puiser l'eau) est de 90.000F cfa alors que la réparation coûterait 130.000F cfa (200€ environ). Samedi 10 nov. j'assiste à un conseil de représentant du village suivi de la pose de la première pierre d'une école financée par une association bretonne. L'arrivée en 4X4 (neuf) des représentants français me semble déplacée dans ce petit village où tout fait défaut. En fait je pense que je suis le seul à être gêné...car le Sénégalais est à présent accoutumé au fait.
Il fait très beau sous le baobab comme tous les jours d'ailleurs depuis mon arrivée et assis au milieu de tout ce monde, la rencontre mérite la photo,... vers les 13h00 alors que le thermomètre ne cesse de grimper, autour des 40° au soleil, j' enfourche le vélo pour rejoindre ma case...et me reposer...
La tête se remplit d'images tout autant que la carte mémoire du numérique... j'ai déjà de quoi projeter et animer nos prochaines rencontres... pour vous faire partager toutes mes émotions.
A présent, je poursuis ma tâche au Village de Keur Yougar. Même constat, ni eau à proximité ni électricité évidemment... la saleté et la misère... même si les enfants mangent à leur faim le riz quotidien ou le mil pilé et semblent insouciants et heureux... Ce constat m’entraîne à effectuer des démarches pour la construction d'un puits. Différents devis me conduisent à choisir " arbitrairement " le futur réalisateur. Tous se disent maçons mais si demain tu leur demandes d'être réparateurs de vélo ou mécano, ils te disent qu'ils le sont également. Tout se marchande et attention à l'arnaque... car pour le sénégalais en général, tous les blancs sont riches... et ils tâchent d'en profiter au maximum. Ce soir lundi je signe le contrat de construction.
Avec 470.000 F cfa (soit 725€) je réalise le puits de 180cms de diamètre intérieur sur 12 à 15 mètres de profondeur suivant l'arrivée de l'eau, cimenté et protégé en surface par une dalle en béton pour supporter la pompe à main de 90.000F cfa (137€).
A ce jour j'ai rendu visite à toutes les familles dont l’enfant est parrainé par
l'association. Vendredi 23 nov. je passe une matinée avec ceux de l'école Charlemagne de Rufisque. Je suis vraiment surpris par le soin que mettent ces enfants à écrire et aux résultats déjà acquis après quelques semaines de classe seulement. Je constitue tout un dossier que je me ferai un plaisir de montrer à mon retour aux différents parrains et marraines; Mon retour de Rufisque est des plus difficiles. J'emprunte le taxi brousse collectif et pour faire les 65kms, je mets 5H00. Seul blanc, dans ce minicar branlant, nous sommes une trentaine de personnes, la température est suffocante quant aux odeurs ce n'est pas mal non plus...
Voilà quelques nouvelles, j'espère que la transmission Internet va fonctionner. J'ai beaucoup de problème pour maintenir la connexion sans parler des nombreuses coupures de courant. C'est pourquoi je vous demande de me confirmer la réception du courriel car je ne sais jamais s'il arrive à destination.
7h00 le 17/11 un réveil comme je les aime dans le calme, coupé cependant par la prière matinale de l'imam. Comme tous les jours depuis mon départ le ciel présage une chaude journée. Heureusement que les nuits sont à présent plus fraîches et me permettent une excellente récupération.
Je me lance dans le bâtiment, et je décide après le puits, de bâtir un local en dur qui fera office d'épicerie au petit village de Keur Youglar. Il permettra de servir une population d'une centaine de personnes environ qui doit faire des Kilometres pour se ravitailler en riz, sel, huile et autres ingrédients qui rentrent dans la composition de leur repas quotidien. Dimension quatre sur cinq mètres, recouvert de tôles et une porte en fer et pour éviter le pillage, une personne fera la surveillance la nuit. Une autre gérera le stock. Le bois fait défaut, c'est donc en briques liées au ciment, le tout ceinturé avec des longrines ferraillées : coût de l'opération 1500 € environ. Le chef du village me cède un bout de terrain...
Je commence une autre démarche auprès des sénégalais que je vois quotidiennement. Il
s'agit de l'alphabétisation. J'ai pour l'instant deux élèves adultes.
Un constat après quelques séances, pour ces adultes, l'assiduité fait déjà défaut... mais comment peut-il en être autrement quand on n'a jamais été à l'école...
20 Novembre 2007
J'espère que ce message trouvera toute la famille en bonne santé. Me concernant tout va très bien et je m'adapte parfaitement à cette vie africaine.
Si je parle climat, la chute de la température est importante au point que l'eau de l'océan n'est plus qu'à 22°. Les nuits sont relativement fraîches et ne dépassent pas les 17°. Autant dire que l'hiver est arrivé. Les Sénégalais commencent à " trembler " de froid et se coiffent d'un bonnet. Ma consommation en eau potable s'en ressent évidement dans la journée...
Pour la nourriture, je suis toujours au riz poisson à midi et poisson riz le soir... j'ai tenté de manger de la viande mais j'ai peur pour mes dents... Heureusement que le poisson est toujours excellent même si son prix a augmenté. La pêche est soi-disant moins importante depuis quelques temps. Est-ce dû aux chaluts étrangers de plus en plus nombreux qui envahissent les côtes de l'Afrique et qui ratissent tout sur leur passage avec leurs immenses filets ? On peut le croire...
Je goûte aussi aux œufs et demain je mangerai du poulet... pour les fruits, la saison des mangues se termine, par contre les pastèques, oranges vertes et mandarines envahissent les marchés pour un prix avoisinant les 600 à 800F cfa le Kilo. Je me procure également du fromage de chèvre dont le goût est moins fort que celui que l'on mange en France et un excellent miel avec lequel je déjeune à présent.
Cela fait un mois aujourd'hui que je suis sur le sol Africain. Premier constat j'apprends tous les jours à mieux connaître tout ce qui touche l'Afrique noire et les gens que je croise, qu'ils soient noirs ou blancs...
28 Novembre 2007
Ma résolution d'aider, à ma mesure, ce pays depuis mon premier voyage voici un an, n'a pas varié même si je découvre des travers qui m'avaient échappés lors de mes deux précédents voyages. Je ne m'arrête pas malgré les difficultés rencontrées sur le terrain car trop grand est le fossé qui sépare leur quotidien du nôtre pour penser un seul instant, les abandonner.
Je m'aventure à présent seul en vélo et à pied lorsque la roue s'enfonce trop profondément dans le sable. Je tombe ainsi dans les petits villages de brousse où tout fait défaut mis à part la pollution visible (sacs plastiques en particulier...) et je n'ose pas parler de tous ces gens dont le souci évident n'est pas de savoir comment on peut gérer les déchets. La collecte des ordures ménagères n'est évidemment pas généralisée et cela n'a pas l'air de les toucher particulièrement.
Ce qui me touche par contre, est le peu de considération que les hommes ont vis-à-vis de " " leurs épouses "... A la question pourquoi il n'attelle pas le cheval pour chercher l'eau au puits afin de soulager le travail des femmes qui puisent et portent trente litres d'eau sur leur tête de nombreuses fois par jour, la réponse est que le cheval doit se reposer après l'hivernage. (Saison des pluies) car le travail des champs est important... Je suis affecté également par la forte natalité et tout ce que cela entraîne. Morveux, sales, ces jeunes enfants connaissent cependant deux mots " cadeau Toubab " quand je
les croise. Je peux dire sans me tromper que peu nombreux sont ceux qui sortiront de cette misère si le monde continu d'être aussi égoïste. Même si l’école existe au Sénégal, la scolarisation n'est pas obligatoire et nombreux sont ceux et surtout celles qui atteindront la majorité sans savoir ni lire ni écrire.
02 Décembre 2007
J'arrive en ce dimanche matin de Sinthiarne, petit village situé à 10kms environ de ma case. J'ai livré deux poulies pour équiper les deux puits. Je vais y retourner dans la semaine avec quelques médicaments que je vais me procurer à la pharmacie de MBour. Un grand-père qui perd la vue, souffre énormément et m'a demandé de le soulager....et plusieurs personnes sont atteintes par le palud.
Le médicament qui soigne et guéri est trop cher pour qu'ils puissent se le procurer. (4800F cfa la boite, soit l'équivalent de deux à trois jours de travail pour un ouvrier)
03 Décembre 2007
Je reprends dès ce lundi matin mon carnet de route en attendant de retrouver au petit resto mes jeunes protégés N'Diaye, Papys, et Fama. Il s'agit aujourd'hui de faire le bilan du mois d'octobre; s'il est positif, j'envisage le remboursement d'une partie du crédit comme cela a été prévu dans le contrat passé avec N'Diaye. Cette somme, même minime, sera reversée dans une autre opération humanitaire.
J'ai parlé de " travers " dans mon précédent courrier. Un autre exemple : il s'agit des rapports que les africains ont avec les " toubabs " et de l'intérêt personnel qu'ils affichent et qui prime sur tout. Tout enfant que je croise me dit " cadeau toubab " et une forte majorité d'adultes de tout âge ose vous aborder pour vous solliciter...
Etat de fait sensible dans cette région touristique, elle est cependant moins présente sur le reste du pays que j'ai visité. Dans certains villages ou gros bourgs du sud du pays, j'ai été bien moins sollicité.
Si cette réaction est malgré tout légitime elle devient pesante et difficile à supporter au quotidien; devant cette situation l'envie de se boucher les oreilles pour ne plus entendre ou de fermer les yeux pour ne plus voir est parfois très forte. Il est vrai aussi, que devant autant de misère le choix que je fais vers telle ou telle personne est arbitraire, mais comment peut-il en être autrement... ?
Un autre sujet sur lequel mon attention est attirée, est le problème de la santé.
En apparence les personnes au Sénégal sont bien portantes, cependant nombreux sont les enfants qui décèdent encore du paludisme ou de la fièvre jaune et je pense évidemment à tout ce qu'un médecin ou une infirmière pourraient apporter dans ce pays. Dans le village de N'Guekorkh (3000 à 4000 habitants et peut être plus) les soins sont dispensés par un seul infirmier d'état et le médecin se trouve à M'Bour distant de 8 kms (population : plus de 10000 personnes). J'ai côtoyé une personne qui m'a parlé d'une aide en provenance d'une association pour former deux infirmières. Malheureusement cette formation n'avait pas abouti par manque de vigilance. (détournement de l'aide au bout d'un certain temps... m'a-t-il dit... au profit du directeur... sénégalais...)
Ce fait démontre parmi tant d'autres, toute la difficulté que l'on rencontre lorsque nous voulons établir des liens porteurs d'espoir et qui permettraient surtout d’améliorer leur santé. La corruption prime sur tout, mais paradoxe, sans elle beaucoup " crèveraient "... Concernant le local qui abritera l'épicerie, la construction est bien lancée. Mais comme tout ce qui se fait en Afrique, pour réaliser un tel projet, il faut se retrousser les manches et garder son calme. La notion de temps n'a pas la même valeur et la patience est
essentielle pour arriver à un résultat. J'espère que d'ici la fin de l'année, nous ouvrirons le local aux résidents du village.
Ma rencontre avec le couple de retraités français vivant à présent au Sénégal me permet de voyager pendant deux jours vers la région du Sine Saloum proche de la Gambie que j'avais traversée en mars dernier. Distant de 250kms de mon lieu d'attache la région est plus boisée et les terres un peu mieux cultivées. Villages et villageois de Badoudou sont des plus accueillants ; nous conversons de tout et de rien autour d'un « thieboudienne ». Fait de riz pillé, d'oignons, de légumes et de poissons, son goût est excellent. Le marché du dimanche matin du bourg de Toubakouta m'aurait permis d'immortaliser ces instants si je n'étais pas tombé en panne de batterie... je me promets d'y retourner car j'ai été émerveillé par tout ce que mon regard a croisé. De nombreux petits marchands proposent sur de minuscules étals trois fois rien... " Pour trois fois rien "... toutes sortes de piments ou petits légumes fraîchement cueillis ou séchés ...plaisir des yeux et de l'odorat... le mélange des odeurs surprend mais reste très agréable...
12 Décembre 2007
Je passe la matinée de mercredi avec le charpentier pour poser la toiture de l'épicerie. J'ai fait livrer les chevrons et les tôles par un charretier après avoir négocié le transport à 4000F cfa pour une distance à parcourir de 5 Kms environ. Pour la petite histoire, à mon retour, je crève la roue arrière du vélo sans possibilité de réparer et le trajet sur la piste sablonneuse est assez physique sous un soleil chaud, très chaud... Heureusement que je fais suivre dans le sac à dos une bouteille d'eau...
Le toit de tôles est posé à présent. La fermeture de la porte et de la fenêtre doit suivre dans quelques jours. Le sol sera recouvert de carreaux cassés liés au ciment ; simple à poser et peu onéreux cela permettra de faire l'entretien plus facilement. Ensuite nous poserons les étagères et une planche qui fera office de banque.
La préparation de la Tabaski est sur les lèvres de tous les Sénégalais. Cette fête musulmane est la plus populaire ; elle est fixée au 21 décembre. Fête établie par le calendrier lunaire, elle commémore le sacrifice d'Abraham. Chaque musulman se doit dans la mesure de ses moyens d'égorger le mouton, de le faire griller et de le partager en famille et avec ses voisins. Les femmes et les enfants attendent également ce jour pour étrenner une nouvelle robe et recevoir un cadeau.
Je partagerai cette journée avec la famille de N'Diaye et Fama à Thies, ville distante de 50kms environ de M'Bour. Nous partirons très tôt en taxi brousse et nous rentrerons dans la nuit. ...folklore, images, sons et odeurs assurés....
15 Décembre 2007
Je reviens à Sinthiarne pour leur apporter une nouvelle poulie et une corde. Les trois puits sont à présent équipés. Je retrouve le grand-père à la vue déficiente. Le collyre n'a pas eu l'effet escompté. Seule satisfaction, il souffre un peu moins. En voyant tous ces enfants je rêve de construire un petit bâtiment qui servirait d'école...comme ce sera prochainement le cas à Keur Gondé grâce aux dons d'une association bretonne...
Je rêve... car seul les plus grands garçons vont au village voisin pour apprendre à lire et écrire... quand tout va bien... par contre les filles des villages restent pour la plupart d'entre elles à la case et servent très jeunes, de bonnes à tout faire... elles portent aussi
bien que les adultes le seau d'eau sur leur tête et le petit frère ou la petite sœur sur leur dos... peu nombreuses sont celles qui réussissent à poursuivre leurs études, au mieux elles trouveront du travail chez les toubabs pour 2000F cfa .(3€) par jour. Très tôt la famille la mariera et très tôt un enfant naîtra suivi d'un deuxième et d'un autre encore... jusqu'à ce que le mari prenne une femme plus jeune et ainsi de suite.... Il semble cependant que petit à petit les mentalités évoluent en faveur de la monogamie mais c'est loin de se généraliser...
Depuis mon arrivée c'est la première fois que je me lève avec un ciel couvert de nuages aussi denses. La température est cependant toujours aussi douce et l'eau de mer reste très bonne ; à mon avis elle avoisine les 20 degrés ; presque tous les soirs je vais nager quelques brasses. C'est du plaisir quand on sait que nous sommes, comme en France, en hiver... quant aux nuits, il fait suffisamment frais pour tirer le drap au petit matin.
Je sympathise avec un autre couple de français qui s'installe définitivement au Sénégal. Malheureusement j'apprends qu’ils viennent de subir un vol dans la case qu'ils louent en attendant d'habiter leur propre maison. Alors qu'ils dorment les voleurs dérobent passeport, argent, micro portable, téléphone portable, appareil photos etc...
La raison d'un tel pillage est lié à la tabaski, car l'achat d'un mouton (de 40000 à 100000F cfa n'est pas à la portée de tous et donc pour y arriver tous les moyens sont bons). A vous de juger...Il est courant actuellement de se faire interpeller dans la rue pour offrir notre aide pour commémorer cette tradition musulmane.
Ils vont jusqu'à imposer le cadeau à offrir... "Toubab, t'as pas trente mille francs... " ?
Avec les photos prises tout au long de mes déplacements, je monte petit à petit le diaporama qui me permettra dès mon retour en France, à poursuivre l'œuvre engagée. Son but est d'informer tous les adhérents et sympathisants de l'AAD mais aussi de convaincre que nous pouvons faire plus encore. Avec l'expérience acquise, nous pouvons ensemble, aller un peu plus loin dans les démarches humanitaires entreprises. Tout en restant dans la même orientation fixée dans nos statuts à savoir la scolarisation, le problème de l'eau, la santé etc.. J’envisage si les moyens me sont offerts, de construire dans un village une école. Ainsi, ce ne serait plus un choix arbitraire lorsque nous parrainons tel ou tel enfant, mais une œuvre qui aurait des conséquences plus générales et tout aussi importantes. Evidemment, la réponse viendra de ceux que je vais croiser et convaincre.
Le fossé qui sépare nos deux continents est immense et même si nous avons le sentiment que nos difficultés quotidiennes ne cessent de grandir en France, rien n'est comparable avec celles que rencontrent une forte majorité d'africains. Peu équilibrée car peu variée, la nourriture au quotidien reste une des priorités et tout ce qui touche la scolarisation et la santé est loin d'être résolu C'est pourquoi, construire une école est un pas de plus vers ce que j'appelle " l'aide à une activité durable ". ... la suite au prochain courriel...
20 Decembre 2007
C'est le jour de l'inauguration de l'épicerie de Keur Youguar.. Nous avions prévu de finir les travaux avant la Tabaski et chose rare au Sénégal, nous sommes parvenus à tenir cet engagement. C'est donc la joie partagée avec les familles du village et un moment de bonheur qui restera gravé dans ma tête. Le verre de coca ou d'orangina pour les Sénégalais et un pastis et whisky pour les toubabs invités, accompagne la fête après que le chef du village eût coupé le ruban confectionné à la hâte avec des bouts de chiffons.
23 Décembre 2007
Prévu à 6h du matin le départ pour Thies avec un taxi brousse conduit par un de ses frères, a lieu finalement à 8h pour cause d'embouteillages. Effectivement le jour de la tabaski, tout ce qui roule est sur les routes pour se déplacer et autant dire que ce sont des centaines de milliers de personnes qui rejoignent leur famille pour célébrer cette fête musulmane.
Ville natale de N'Diaye, la ville de Thiès se situe à l'est de Dakar. Nous l'atteignons sans problème malgré la vétusté du véhicule, une Peugeot 505 des années 70, dont il est impossible de décrire son état, tellement tout ce qui est visible serait à mettre à la ferraille. Le comble est qu'elle roule toujours et qu'elle continuera de rouler encore et encore... avec un pare-brise zébré de toute part..., plus de tableau de bord et de démarreur..., une portière qui tient avec du fil de fer, des sièges sans tissu, remis en forme avec des morceaux de bois, plus de trace de poignées ou de lève vitre, plus d'amortisseur et bien évidemment des pneus aussi lisses que l'intérieur des mains légèrement ridées...
Lorsque vous montez dans ce type de véhicule, il ne faut surtout pas penser aux risques encourus, sinon vous redescendriez aussitôt à condition que la portière s'ouvre de l'intérieur car ce n'est pas toujours le cas...
Le papa de N'Diaye, retraité de l'enseignement d'une école primaire, sa femme et ses enfants (5 garçons sur les 7 vivants) cousins et cousines, m'accueillent chaleureusement alors qu'ils montrent très peu d’émotion à N'Diaye et à sa Femme qu'ils n'ont pas revus depuis des mois. Je fais aussi la connaissance de la fille de N'Diaye, une adorable petite fille de trois ans aux yeux magnifiques. Un peu intimidé par ma présence, elle accepte malgré tout de se laisser prendre dans mes bras. Elevée par les grands parents depuis sa naissance, elle ne parait pas être attachée à ses parents et en particulier à sa mère qui attendait pourtant ce moment avec impatience.
L'un des fils est apprenti routier. Il parcourt à longueur d'année les routes de l'Afrique. Les conditions sont très difficiles me dit-il ; il sait quand il part, il ne sait jamais quand il reviendra. Un autre frère âgé de 16 ans est amateur de foot ; il rêve de devenir professionnel... le plus jeune est scolarisé, quant aux autres ils vaquent à droite à gauche comme ils peuvent... la galère pour ne pas dire le chômage à la sénégalaise... La prière terminée, le moment de tuer le mouton arrive. Dans le sable de la cour familiale deux trous sont faits à la hâte, l'un est destiné au sang, l'autre aux entrailles du mouton. C'est le père qui l'égorge entouré de toute la famille. La bête tenue par les hommes, ne bouge pas, ne pousse aucun gémissement au moment de l'acte fatal. Quelques soubresauts et c'est fini. Pelé avec beaucoup d'attention pour ne pas déchirer
la peau qui servira une fois séchée, à s'agenouiller au moment de la prière. Les côtelettes sont grillées au barbecue tandis que la Maman prépare oignons et pommes de terre dans une marmite " calottée " par le feu de bois. Dans un grand faitout posé sur un feu de braises les autres morceaux coupés menus cuisent. Tout le monde s'agite mais dans une ambiance sereine, heureux de partager cette fête en famille.
L'appareil photo ne chôme pas et je reste souvent surpris des scènes que je vois.
A présent accoutumé du fait, je partage le repas en prenant avec mes doigts la nourriture disposée dans un grand plat. A la fin du repas les trois tasses de thé me sont servies comme le veut la coutume; la première dit-on est forte comme l'homme, la deuxième sucrée comme la femme et la troisième douce comme l'amour. Quant aux enfants, ils vont à présent de maison en maison réclamer leur cadeau, en principe ça se résume à une pièce de monnaie. C'est leur Noël....à eux.
La maison se vide après que chacun d'entre eux se soit mis sur son " 31 " et un coup de bombe magique de désodorisant sous les bras ; les poules picorent le sol tandis que le mouton blanc qui les protège m'a-t-on dit des mauvais sorts, se promène également à l'intérieur de la maison. Il est évident que l'hygiène fait grandement défaut et est loin
d'être leur priorité.
Il est 18h, le soleil décline et pour la première fois depuis mon arrivée au Sénégal, je ressens une certaine fraîcheur. Par chance j'avais prévu une petite laine. La fête se poursuit dans la rue mais l'éclairage est défectueux et ne me permet pas d'apprécier le va et vient des personnes toutes vêtues de nouveaux habits. Étonnamment maquillées, je devine les visages des femmes. J'aurais apprécié plus encore ces scènes si j'avais pu saisir ces images avec mon appareil photo...
Nous retournons sur MBour vers les 22h, la ville de Thiès reste animée et une multitude de véhicules attendent d'être pleins pour partir. On ne roule jamais en taxi brousse s'il reste une place de libre... l'attente peut être très longue parfois...car l'essence est trop chère (650F cfa/litre) pour effectuer le voyage à vide...
28 Décembre 2007
Je passe la journée de Noël dans le calme de ma case, la radio branchée sur fréquence jazz, pour toute compagnie. Je confectionne avec mon couteau suisse et de la colle à bois une " mini case " en contreplaqué recouverte de chaume et sur laquelle j'inscris A.A.D. et les projets. C'est, en fait une tirelire pour d'éventuels " toubabs " de passage à Saly qui souhaiteraient faire un don à l'AAD. Elle sera exposée chez un locataire de quads. Pourquoi ne pas rêver que l'aide puisse venir de l'Afrique aussi... car à ce jour il est difficile de convaincre ... et d'obtenir de l'argent... certes il y a actuellement tant de sollicitations de toutes parts que les personnes en sont saturées... mais le comble se vérifie également, ce sont les gens les plus aisés qui refusent de donner.
29 Décembre 2007
L'année 2007 touche à son terme et je suis moi-même étonné de tout ce qui a pu arriver au cours des mois précédents. Malgré certaines difficultés je suis satisfait et heureux d'avoir entrepris toutes ces démarches au Sénégal. J'espère seulement que l'avenir me donnera encore l'occasion de poursuivre l'œuvre commencée. Certes cela dépendra de tous ceux qui m'ont fait confiance et qui m'épauleront encore pour faire grandir l'association.
Comme pour tout ce que l'on veut tenter il ne suffit pas de nos jours d'en avoir le désir ou la volonté mais il faut aussi les moyens....
La goutte d'eau, dont j'ai parlé tout au début de mes projets, s'est déjà transformée en petit ruisseau... et j'ai le sentiment et la conviction de pouvoir atteindre prochainement un petit affluent ...
A l'an prochain
04 Janvier 2008
Je me retrouve au Sénégal pour la deuxième année consécutive pour commencer cette nouvelle année et rien ne présageait lors de mon 1er séjour en décembre 2006, une telle aventure.
Depuis lors, beaucoup d'évènements ont changé ma vie. A l'origine de tout cela, la rencontre avec un jeune sénégalais. A présent, je suis heureux de ce parcours car enrichi d'une expérience à laquelle je ne pensais pas un jour être l'auteur et l'acteur.
En ce début d'année après réflexions et concertations, je me préoccupe de trouver du
terrain pour la culture maraîchère. Je vais l'attribuer à François NDiaye un habitant du Village de NDianda près de Joal. Ma rencontre avec cette famille très pauvre mais tout aussi attachante m'incite à entamer cette nouvelle action. Dans les détails, il s'agit de remettre un jardin en état de produire des légumes. L'oignon est apprécié et très employé dans la cuisine sénégalaise. On le retrouve partout. Ce sera donc ce légume qui sera semé et repiqué en premier. Le terrain est enrichi avec du fumier de cheval et les bouses de vaches. Ce nouvel exemple de coopération soutiendra cette famille et servira d'exemple.
A la croisée des chemins je rencontre un couple de toubabs et de notre discussion une autre idée est née. Il s'agit dans les faits d’apporter une aide tout aussi précieuse dans le domaine de la santé et en particulier aux personnes atteintes du paludisme.
J'apprends qu'une plante peut être utilisée contre le paludisme ; Il s'agit d'une espèce de la famille des Ambroises, " l'Artémisia Annua ". Les feuilles renferment une propriété antipaludique " l'Artemesine " qui est efficace contre plusieurs souches de parasites responsables du paludisme. C'est pourquoi je vais me renseigner pour trouver les graines et tenter l'expérience sur le sol sénégalais après autorisation.
Affaire à suivre...
Mise à jour : le 24 Janvier 2024
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